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La sonnerie rententit enfin et Clio se précipita à la sortie. elle n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait bien être Andreïs. Mais elle n'eut pas à chercher longtemps, il l'attendait devant son casier.

- Salut, l'aborda-t-elle, gênée. Je... Je voulais m'excuser... c'est de ma faute... si tu t'es fait virer de cours.

- Pas du tout ! Ne t'inquiète, pas et puis ce cours est nul, j'ai toujours eu des notes de... des notes moyennes, voire nulle. On va manger ? changea-t-il de sujet. 

La jeune fille aquiesça, souriante. C'était la première fois depuis des années qu'elle allait manger au lycée. D'habitude, elle préférait sauter le repas du midi... il lui était arrivé que de la nourriture se retrouve dans ses cheveux étant enfant et elle n'avait jamais voulu retenter l'expérience, même en sachant que les élèves au lycée étaient plus matures. 

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Ils se rendirent au self, en discutant. Andreis était ravi. Le repas avalé, tout deux se rendirent dans la cour, encore.

Un silence gênant s'était installé entre eux. Clio ne savait quoi dire face au garçon. Elle n'avait jamais eu d'ami, elle ne savait pas de quoi les amis se parlaient habituellement. Andreis, quant à lui, regardait Clio silencieusement. Elle était si mignonne comme ça ! Il ne put s'empecher de sourire encore plus.

"Je dois avoir l'air vraiment idiot", pensa t-il.

Finalement il engagea la conversation :

- Tu as qui dans ta famille ? Je vis avec mon père adoptif, moi.

- Mon père et ma mère adoptive... ma mère est morte quand j'étais encore qu'un bébé.

- Oh, je suis désolé. Moi, ma mère adoptive aussi est morte. C'était il y a longtemps déjà.

- Comment ? Oh, pardon, c'est peut-être trop personnel... désolée, dit-elle en baissant la tête.

- Hein ? Non, pas du tout, t'inquiète ! Et puis, t'es suffisamment proche pour que je t'en parle de toute façon. Elle est morte empoisonnée, on ne sait par qui. Mon père est dans la police, ça crée des ennemis... C'est pour ça que l'on déménage souvent. Il ne veut pas que ça se reproduise, que l'on nous retrouve.

- Je vois... je suis désolée...

- Pas grave...

La sonnerie retentit de nouveau. 

- Tous en cours ! Le dernier de la journée. Et bizzarement, je n'ai pas très envie qu'elle se finisse, cette journée.

Clio rougit, tout en souriant. Elle non plus n'avait pas très envie que cette journée se finisse. Elle était bien avec Andreis, avec son ami. Mais elle ne retint de le dire à voix haute. Même proche de lui, elle restait toutefois timide et mal-à-l'aise. Alors elle se contenta de le suivre en cours

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Andreis s'assit aux cotés de Clio, la place étant libre. Pendant tout le cours, il n'écouta pas et se contenta de l'observer et lui sourire silencieusement.

Clio répondait aux sourires du jeune homme par un sourire timide et gêné, tandis qu'elle écoutait le cours.

- Tu devrais prendre des notes, lui dit-elle finalement. On a contrôle bientot

- Argh oui, zut, rigola t-il. Mais c'est ta faute aussi, tu es beaucoup trop mignonne ! Comment tu veux que je m'intéresse a ce vieux crouton, à côté ? 

Et il lui sourit une nouvelle fois. 

Clio resta sans voix, terriblement gênée. Personne encore ne lui avait dit qu'elle était jolie, si ce n'était Hestia. Pire encore, aucun garçon ne lui avait dit... Voyait-il en Clio plus qu'une amie ? Non, non, non, c'était ridicule, ils venaient à peine de se rencontrer, ils ne se connaissaient pas et qui voudrait faire d'elle plus qu'une amie ?

La fin des cours sonna finalement et Clio dû cesser de réfléchir, et ils se dirigèrent vers la sortie.

 

- Je te raccompagne ? demanda t-il à Clio.

- Si ça te fait plaisir, répondit-elle. Et si tu as du temps à perdre, j'habite en dehors de la ville, à l'autre bout

- Mon père ne rentrera pas avant 20h00, donc j'ai bien le temps.

- D'accord. Par contre, il faut faire le chemin à pied, Hestia ne sait pas conduire.

- Hestia ? s'exclama-t-il, certains d'avoir déjà entendu ce nom quelque part.

- Oui, ma mère adoptive. 

- C'est un nom... peu commun. 

Et il lui adressa un sourire avant qu'ils ne se mettent en marche.

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En chemin, il demanda soudainement :

- Tu as un amoureux ?

Clio manqua de s'étouffer. Pourquoi demandait-il cela ? Que... Que répondre ? Tout se mélangea dans sa tête, tout s'embrouilla, c'était étrange. Elle répondit alors en parlant très vite, espérant ainsi se sortir de l'embarras.

- Moi ? Non, non, pas du tout, je ne suis aimée de personne dans cette ville et ce depuis mon enfance et j'ai appris à n'aimer personne en retour... C'est comme ça...

Il paru un peu déçu.

- Ah... Moi non plus, on m'aime pas trop, d'habitude.

- Pourquoi ? Tu es sympa, pourtant

- Les gens me jugent différent, j'imagine. Et surtout... je n'avais jamais osé parler a quelqu'un comme ça, avant.

- Alors pourquoi moi ? s'étonna-t-elle.

- Tu es différente, je trouve. Je ne sais pas pourquoi...

- C'est normal, je le suis... tu as bien vu... tout à l'heure. Au fait, comment va ta griffure ?

- Mieux ! Elle a presque disparue ! La pommade l'infirmière est un véritable miracle ! Regarde... 

- Tant mieux. Je suis encore désolée pour ça... Tu n'aurais pas dû voir ça... déplora-t-elle.

- De toute façon, il aurait bien fallu que je le vois un jour, alors aucun problème, non ?

- Oui... mais j'aurais préféré que tu ne le vois pas cinq minutes après notre rencontre... Ni d'aussi près. Normalement les gens savent qu'il ne faut pas m'approcher.

- Ah oui... j'ai toujours été un peu inconscient, moi aussi, mais je suis ton chevalier servant, je me devais de t'aider ! ajouta-t-il d'un ton de gentleman pour détendre l'atmosphère.

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Un silence s'installa, un silence gênant. Clio ne savait quoi répondre, quoi dire. Sa timidité reprenait le dessus bien trop vite. Et elle était si mal-à-l'aise en sa présence.

Andreïs tenta un sourire. Clio était si belle... il sursauta intérieurement. L'avait-il dit à voix haute ?

- Tu as dit quelque chose ? demanda-t-elle. 

- Que quoi ? Euh non non, rien ! Il fait beau aujourd'hui ! bafouilla-t-il en se maudissant d'être aussi stupide.

Clio sourit malicieusement. Ce n'était pas que le temps qui était beau, car elle était certaine de ce qu'elle avait entendu. Puis le silence revint.

- Hum... tu aimes lire quoi, toi ? 

Ce n'était pas vraiment le meilleur sujet de conversation, mais Andreïs ne savait pas quoi dire d'autre. 

- J'aime beaucoup la poésie et les récits historiques... et toi ?

- Les romans... 1984, tu connais ?

- J'en ai entendu parler... mais je ne sais pas exactement de quoi ça parle.

- C'est un roman futuriste, il a été écrit en 1940 à peu près, je crois, par George Orwell. Il est génial ! Je te le préterais, si tu veux le lire.

- Pourquoi pas ! 

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Ils continuèrent leur route en silence, ne sachant quoi dire. En vérité, la journée s'était passée ainsi, ils parlaient durant quelques minutes, puis le silence finissait par retomber, inlassablement, comme la neige qui voltigeait à présent autour d'eux. Puis la maison de Clio se détacha dans l'horizon.

- Et voilà, on est bientôt arrivés, déclara-t-elle.

- C'est très beau ! Je... je te laisse là ?

- Oui, ça va aller, je ne vais pas t'embêter plus longtemps.

- Bon et bien... salut... bredouilla Andreïs. 

- Salut, répondit-elle timidement.

Et elle partit en avant, croyant qu'il allait partir de son côté.

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Quand elle fut près des ruines devant sa maison, la jeune muse se retourna. Elle avait bien senti le regard de son ami qui la suivait. Alors elle ne fut pas surprise de le trouver immobile, les yeux rivés sur elle. Elle fit un timide signe de la main à Andreis, le sourire aux lèvres.

Andreis lui adressa lui aussi un signe de main en retour, avec le même sourire. Il finit par se retourner, la boule au ventre, et prit le chemin en direction de sa maison. Non, plus de doutes, plus de mensonges.

Il le savait, il en était sûr.

Il était amoureux.