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Dehors, le soleil réchauffait enfin l’atmosphère. Les premières fleurs avaient éclos, fragiles et splendides, parmi les restes de l’hiver, frémissant aux doux contacts du vent qui caressait leurs pétales naissants. Dans les arbres en fleur, les oiseaux revenus de leur migration chantaient le printemps. Adossé contre le torse de son père, Aeson observait avec toute la candeur de son âge la nature s’éveiller de son hibernation. Lorsqu’il voyait passer un oiseau dans le ciel, il babillait gaiement et tendait maladroitement ses petits bras qu’il ne contrôlait pas encore correctement vers l’extérieur, dans l’espoir vain de l’attraper au vol. Au début, il avait été déçu de n’en saisir aucun, puis bien vite il comprit que ça lui serait impossible, et se contentait d’en rire.

Aeson était un enfant relativement calme, lorsqu’il avait l’attention qu’il désirait. Comme il y avait toujours quelqu’un dans la maison, que ce soit ses parents, son oncle, sa tante, Dan, ou Hestia, il avait grandi en s’habituant à autant de présence, et détestait se retrouver seul, même pour quelques minutes. Le soir, lorsque venait l’heure de dormir, il fallait rester auprès de lui jusqu’à ce qu’il tombe, endormi. Sinon, il restait à pleurer, luttant contre le sommeil.

Mais lorsque quelqu’un qu’il connaissait était dans les alentours, il devenait aussi sage qu’une image, quoiqu’un peu curieux. Il était encore très jeune, mais malgré ses cinq mois, il parvenait à faire quelques mètres à quatre pattes, découvrant doucement le monde qui l’entourait. Parfois, il croisait le chemin de Dog, et il se lovait contre le vieux chien, qui prenait soin de ce petit humain, comme il avait pris soin d’Icare quand il avait été plus jeune. Erato n’avait pas vraiment aimé le fait qu’Aeson s’approche autant de Dog, car même s’il était le plus gentil chien du monde, il restait un chien. Alors on les surveillait toujours de très près quand ces deux-là traînaient ensemble.

En d’autres occasions, le bambin rencontrait le chat, mais ce dernier s’enfuyait rapidement à l’approche de l’enfant, peu désireux d’être étranglé par ses petits bras.

On toqua à la porte, et Aeson releva ses petits yeux verts et curieux vers le bruit. Il commençait doucement à comprendre que le plus souvent, des gens arrivaient par cette porte, généralement des personnes qu’il connaissait, mais parfois, comme aujourd’hui, c’étaient de nouvelles têtes qui faisaient leurs apparitions. Cette tête-là était couverte de taches et ressemblait énormément à celle de l’adulte aux cheveux blonds, qui entra à sa suite d’ailleurs, sauf que les cheveux de cette personne étaient roux.

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- Heeey, voilà le petit bonhomme, salut toi ! s’exclama le nouveau venu.

Jimmy ébouriffa la petite tignasse brune de l’enfant, qui ne prêtait pas vraiment attention à lui. Il regardait ailleurs, une main dans la bouche, totalement inintéressé.

- Hé, salut, j’suis Jimmy, le frère de Dan, se présenta-t-il sobrement à Ludovic, qu’il n’avait jamais rencontré, en lui serrant la main.

- Ludovic, j’ai beaucoup entendu parler de toi.

- Pareil, mais t’inquiète, ils m’ont dit que du bien, ajouta le jeune avec un clin d’œil.

L’escalier craqua, quelqu’un le dévalait à toute vitesse. Des yeux verts apparurent, surmontés d’une chevelure blonde. Quand l’adolescente remarqua l’inconnu, son cœur rata un battement, et sa bouche s’ouvrit, mais aucun son n’en sorti. Puis elle s’enfuit à l’étage à quatre pattes, comme si elle avait vu un monstre.

- Mince… Je sais que je suis l’enfant du diable parce que je suis roux… mais quand même… plaisanta Jimmy.

- Maïa déteste les inconnus. Surtout quand on la prévient pas qu’ils viennent. Ma faute, s’excusa son frère.

Ce fut ensuite à Erato de descendre finalement. Depuis qu’elle avait accouché, elle avait recommencé à prendre soin d’elle, et passait chaque matin quelques temps dans la salle de bain, se faisant, comme ce jour-là, attendre.

- Jimmy ! s’exclama-t-elle en apercevant le jeune homme, un sourire déchirant son visage de part en part.

- Wo, qu’est-ce que t’es plate ! fut tout ce qu’il trouva à dire.

En effet, il n’avait vu la muse qu’une seule fois dans sa vie, lorsqu’elle en était à son cinquième ou sixième mois de grossesse, il ne savait plus exactement, et la voir dans son état normal le choquait. Elle était si mince, il n’arrivait pas à en revenir.

- Merci, je prends ça pour un compliment, s’amusa-t-elle, malicieuse, tandis qu’elle le prenait dans ses bras.

Elle prit Aeson des bras de son père et elle accompagna tout le monde dehors. Il faisait encore frais, mais avec leurs pulls et sweat shirts, cette fraîcheur ne se faisait que peu ressentir. Ludovic, Dan, Jimmy et elle s’installèrent dans le salon de jardin tout juste ressorti en prévision des beaux jours.

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Jimmy leur raconta son année à la fac qui touchait maintenant à sa fin. Après deux premières années ratées à cause d’une mauvaise orientation ou un manque de travail dû à de l’inintérêt, il semblerait qu’il ait enfin trouvé sa voie dans l’histoire.

- L’histoire ? s’est étonné son frère aîné.

- Ouais, répondit le plus jeune. J’ai toujours adoré l’histoire au collège, puis j’ai eu un prof super chiant au lycée, alors je m’y suis désintéressé, et j’y avais pas pensé après la terminale. Mais finalement, c’est ce pour quoi je suis fait ! Jimmy, grand historien ! s’emballa-t-il.

Aeson observait curieusement l’enthousiasme du jeune homme avec un large sourire sur son petit visage. C’était amusant la façon dont il parlait, si passionné, ces grands gestes qu’il faisait quand il parlait. Le bambin était trop petit encore pour comprendre ce qu’il racontait, mais il savait que quoi qu’il dît, il en était heureux.

- Bon, et est-ce que Jimmy le grand historien a une copine ? Un grand historien se doit d’avoir une copine ! ajouta Dan.

Il était curieux de savoir si son frère allait le suivre dans la voie du célibat ou non. Dans le fond, il l’espérait, afin qu’il se sente un peu moins seul.

- Pas encore, répondit l’intéressé, mais je me rapproche doucement d’une jolie fille qui fait du théâtre.

Un sourire malicieux lui traversa les lèvres et Aeson, par mimétisme, tenta de l’imiter, en vain.

- Ahah ! Et comment se nomme la belle ?

- Olivia, mais chuuuut !

Il plaça son index devant sa bouche et Aeson, qui ne pouvait détacher son regard du jeune homme, se démena avec son propre bras et son propre index pour reproduire le geste. Du coin de l’œil, Jimmy l’aperçut et éclata de rire en venant lui ébouriffer les cheveux.

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- Hahaha, le petit bout a l’air totalement hypnotisé par moi !

Et en effet, à chacun des mouvements de Jimmy, le petit le suivait du regard, tranquillement assis sur les genoux de sa mère, qui n’avait pas remarqué sur qui son attention s’était portée.

- Les enfants peuvent voir des choses qu’on ne peut pas, peut-être qu’il voit le diable dans tes cheveux, suggéra Dan.

- Arrêtez avec vos blagues sur les roux, c’est plus marrant, se désola Erato.

- C’est lui qui a commencé ! se défendit son meilleur ami en pointant du doigt son petit frère.

- Oui, mais les roux peuvent faire des blagues sur les roux, mais pas les autres, c’est la règle, Dan.

- À ce compte-là, on ne fait plus de blagues sur personne, se lamenta Dan en prenant son visage entre ses mains.

- Toi par exemple tu es un peu bête parce que tu es blond, ça fonctionne comme les blondes, rajouta Jimmy.

- Hé ! Seul les blonds font des blagues sur les blonds, c’est la règle, tu l’as dit toi-même ! Alors chut ! se plaignit l’aîné, réagissant comme un enfant.

Tous avaient oublié Aeson pendant quelques secondes, mais ce dernier n’avait pas oublié Jimmy, au contraire. Il continuait de le fixer attentivement.

- Tu veux venir dans mes bras, bonhomme ? demanda Jimmy en l’apercevant de nouveau.

Le bambin comprit qu’on lui parlait, mais il ne pouvait savoir ce qu’on lui proposait. Alors, perdu, il mit une main dans sa bouche et leva des yeux remplis de questions vers sa mère, comme pour lui demander d’expliquer.

Elle gloussa.

- Allez, va voir un peu Jimmy, il est pas méchant, le rassura-t-elle d’une douce voix.

L’enfant passa des bras rassurants de sa mère à ceux inconnus du jeune homme qui l’intriguait tant. Mais il n’avait pas besoin d’avoir peur. Il était un ami de la famille, et la vision de ses parents et Dan qui lui souriaient lui indiquait qu’il n’avait rien à craindre. Car même s’il était curieux, Aeson avait néanmoins peur d’aller à l’aventure et assouvir sa curiosité. C’est pourquoi même s’il voulait être dans les bras de Jimmy, il appréhendait car il n’était qu’un inconnu à ses yeux.

- Hey, tu dis Jimmy ? Jimmy ! Ji-mmy…

- Il ne parle pas encore, lui indiqua Dan. T’as juste l’air très con là.

- Dan, t’es pas cool avec ton frère, fit remarquer Ludovic.

- Quoi, c’est comme ça qu’on montre notre amour !

- Dis Jimmy ! continuait de dire Jimmy.

- Et puis tu vois, il est quand même pas très intelligent ! s’exclama Dan en le pointant du doigt.

- Tu veux pas dire Jimmy ? Très bien, tu l’auras voulu !

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Il plongea ses doigts vers le ventre du bambin et commença à les bouger frénétiquement, faisant éclater de rire l’enfant qui ne pouvait supporter les chatouilles. Il hurla de surprise, rit sans pouvoir se contrôler, s’il pouvait parler, il supplierait qu’on arrête, mais ses rires étaient bien trop contagieux pour qu’on veuille arrêter. Ils emplissaient l’air de vie et de joie.

Puis Jimmy se leva, emportant Aeson avec lui, et s’amusa à le tenir par les pieds. Amusé et terrifié à la fois, son petit visage ne savait plus quel message envoyer. Peur ou joie ? Les deux, il était déformé en une grimace qui transmettait ces deux émotions contraires, et toujours, il le faisait en riant.

- Allez, dis Jimmy !

Pour toute réponse, il rit.


Et c'est reparti, un chapitre par semaine alors que j'ai pas du tout d'avance dans mes chapitres et mes photos et que j'ai pleiiiin d'autres trucs à faire à côté (donc il se peut grandement qu'une semaine, je ne poste pas, parce que j'aurais pas réussi à tenir le ryhtme, voilà, je préviens).

Finalement, Bastien n'a pas eu raison, Aeson ne ressemble pas du tout à Erato, c'est le portrait craché de son père, à part pour ce qui est des yeux. Hein qu'il est cute mon premier représentant de la G5 ? c: Je l'ai mis déjà bambin (alors qu'il a à peine 5 mois), parce que j'ai aucune pose pour bébés, et donc c'est moyen pratique.

Sinon, groooos clin d'œil à Olivia, qui voulait un mariage avec Jimmy, donc c'est bien parti :3 (j'ai mis étudiante en théâtre parce qu'il me semble que tu en avais parlé dans les chapitres avec Thalye, j'espère ne pas me tromper ._.)

Sur ce, à la semaine prochaine pour la suite, tschüss \o/