Le couple avait eu énormément de chance. Cela faisait presque une semaine que des nuages s’étaient retrouvés bloqués entre les montagnes qui entouraient la ville d’Hidden Spings et qu’ils déversaient toute leur pluie. Mais ce samedi, jour du mariage, les nuages avaient décidé d’être cléments avec les amoureux et de s’en aller, laissant de nouveau au soleil le contrôle du ciel.

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Quand Erato et sa famille arrivèrent sur place en début d’après-midi, l’herbe était encore un peu mouillée, mais les rayons du soleil s’attelaient à la sécher le plus vite possible avant la réception de ce soir, qui devait se dérouler dans le jardin de la maison familiale.

Sasha sortit de la maison pour venir les accueillir avec un grand sourire. Aujourd’hui, l’un de ses enfants adorés allait se marier, et elle en était extrêmement fière.

- Coucou ma petite chérie ! lança-t-elle joyeusement en agitant la main devant Euterpe, qui se mit à sourire béatement et à rire.

Elle avait le plus beau des rires, plus beau que celui véritable de Thalye. Elle avait un rire mélodieux, il chantait. C’était un rire apaisant que tous aimaient entendre.

Erato tendit l’enfant à sa belle-mère pour pouvoir aider son compagnon à décharger la voiture. Le mariage avait été un prétexte pour rester quelques jours à Hidden Springs pour les vacances. Aeson était ravi de voir sa cousine Clara, et la petite Euterpe, âgé d’un an et demi maintenant, pourrait commencer à faire connaissance avec elle.

La maison des grands-parents était pleine de vie. En plus d’accueillir Ludovic et sa famille, l’ancienne chambre de Lewyn, reconvertie en une chambre d’amie, hébergeait les parents d’Astrid, arrivés deux jours auparavant à l’aéroport.

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Clara attendait dans le salon, sagement assise sur l’un des canapés, les mains jointes sur ses genoux [Laura, je t'offre ce faux-raccord, c'est mon cadeau de Noel à l'avance c:]. Quand elle aperçut son cousin, ses yeux s’illuminèrent d’une lueur maligne, et elle accourut alors.

- On peut aller jouer, mamie ? supplia-t-elle en faisant des yeux de chien battu, car elle savait que ces yeux-là obtenaient toujours tout.

- Oui, mais n’oubliez pas que bientôt, il faudra venir vous habiller pour le mariage, d’accord ?

- Promis !

Et les deux tornades filèrent à travers la maison vers la chambre reconvertie en chambre d’enfant.

Sasha posa alors la petite muse à terre et avec ses jambes nouvellement utilisables, elle gambada gaiement jusqu’à son père et agrippa sa petite main à son jean. Elle adorait le suivre ainsi, depuis qu’elle avait appris à marcher. Avec son travail, elle ne le voyait que peu, alors quand il était à la maison, elle devenait son ombre, le suivant partout.

La chambre de Ludovic était la seule qu’on n’avait pas modifié car il était le seul à encore s’en servir. Aelis ne reviendrait jamais, et Lewyn avait sa propre maison non loin de là. Aucune utilité pour lui de dormir chez ses parents. Elle était exactement la même que durant son adolescence, sans le bazar qu’il avait mis et les posters accrochés aux murs, qui depuis s’étaient abimés et qu’on avait jeté à la poubelle.

Silencieusement, Euterpe grimpa sur le lit suspendu au plafond et s’assit sagement, son pouce dans la bouche, attendant que ses parents finissent de ranger leurs affaires.

- Tu veux ton doudou, Euterpe ? demanda son père en sortant ledit doudou d’une valise.

Elle hocha vivement la tête et tendit ses bras vers son mouton en peluche. C’était un doudou insupportable, qui comportait un petit grelot en lui, et le bruit incessant de ce dernier résonnait au moindre mouvement. La petite, elle, l’adorait. Digne de son nom, elle s’amusait à faire de la musique, certes rudimentaire, avec, agaçant absolument tout le monde dans la maison. Ils en voulaient tous à Dan, lui le premier, de le lui avoir offert à sa naissance. Ce fut une grossière erreur et maintenant, l’enfant ne pouvait vivre sans.

- Euterpe, viens mettre ta belle robe, chérie.

Sans lâcher son mouton, elle descendit laborieusement du lit et tituba vers sa mère. Tandis que cette dernière lui enfilait sa robe bleue et blanche, Aeson entra dans la chambre, obligé par sa grand-mère qui lui assurait que le temps n’était plus aux jeux et qu’il devait maintenant se faire tout beau pour le mariage de son oncle et sa tante. Puis elle emmena Clara dans la chambre des enfants, pour la préparer elle aussi. Après tout, c’étaient ses parents qui se mariaient aujourd’hui, elle se devait d’être présentable.

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Une heure plus tard, toute la famille fut enfin prête. Aeson avait décidé qu’il détestait le bouton qui lui enserrait le cou, et s’entêtait à le défaire, tandis que sa mère s’entêtait à le remettre sans cesse. À chaque fois, Euterpe, agrippée au pantalon de son père, riait gaiement, amusée du spectacle. Alors son grand frère continuait, parce que comme tous les autres, il aimait le rire de la petite muse.

Il cessa néanmoins de faire le malin lorsqu’ils se retrouvèrent à l’extérieur et passèrent devant la piscine pour aller vers le jardin où se tiendrait le mariage et la réception qui suivrait. Le souvenir était encore terriblement ancré dans sa mémoire. Il n’avait aucun véritable souvenir de cette période, ayant été trop petit, mais celui-là, celui-là ne voulait pas le quitter et ne le quitterait sans doute jamais. L’eau qui l’entourait, l’enveloppait, l’attirait vers le fond, l’empêchait de respirer, d’hurler à l’aide, son incapacité à remonter, la peur terrible qui lui avait parcouru le corps entier telle une décharge glaciale. Alors quand ils passèrent devant, il en resta le plus éloigné possible, caché derrière sa mère qui, compréhensive, le rassurait, tout en essayant de lui expliquer que la piscine était maintenant protégée par une palissade.

Tout était prêt pour le mariage. Une arche fleurie avait été érigée au fond du jardin et des chaises en plastique avaient été disposées devant. La table du buffet était pour le moment encore vide, mais les traiteurs commençaient déjà à arriver et à préparer pour qu’une fois le mariage fini, les invités puissent venir déguster. Une scène se tenait là, prête à accueillir des musiciens qui n’arriveraient pas avant le crépuscule.

Presque tous les invités étaient présents. Du côté d’Astrid, ces derniers n’étaient pas nombreux, peu avaient voulu ou pu faire le voyage d’Aurora Skies jusqu’aux montagnes d’Hidden Springs. Se trouvaient là ses parents, sa cousine Annalisa et sa mère, ainsi que sa meilleure amie d’enfance, Roslin, qui avait été faite demoiselle d’honneur. Tous avaient leurs cheveux d’un blond platine, et leurs yeux étaient à tous clairs, qu’ils soient bleus ou marrons. Il ne se faisait aucun doute quant à leurs origines. Ces gens venaient bien des pays nordiques.

Du côté de Lewyn, les invités se faisaient plus nombreux, chose assez paradoxale quand on savait qu’il n’était pas du tout social. Beaucoup de vieilles connaissances de ses parents, qui avaient connu les triplés quand ils étaient enfants, étaient présents, fiers de voir un petit de la ville se marier avec une si belle jeune femme. Sa vieille grand-tante Alexane, la sœur de sa grand-mère Zélie, était là aussi, ayant exceptionnellement quitté son chalet perdu au fin fond de la montagne pour venir rendre visite au peu de famille qui lui restait. Fut un temps où elle avait eu quatre frères et sœurs et une nièce adoré, Zoé, mais tous étaient morts ou présumés morts. Personne n’avait plus jamais entendu parler de Zoé depuis qu’elle était partie à Lucky Palms pour y voir une cousine, une des nombreuses filles de Gaétan. Alors on l’avait supposée décédée.

Il ne lui restait aujourd’hui que son neveu Gaël et sa petite famille, qui ne cessait cependant de s’agrandir. Et voir son petit-neveu se marier la rendait folle de joie.

Il y avait aussi des collègues du laboratoire, venus féliciter le couple qui s’était formé en leur compagnie. Même si Lewyn n’osait l’admettre, on pouvait les considérer comme ses amis. Après tout, ils travaillaient ensemble depuis si longtemps qu’ils avaient peu à peu appris à se connaître, malgré le retrait non négligeable du Vanek.

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- Ludovic ! s’exclama Alexane en apercevant son second petit-neveu. Comment vas-tu mon grand ? demanda-t-elle en clopinant vers lui, aidée de sa canne.

- Très bien, et toi ?

- Très bien, très bien, quand on n’a rien à faire de sa vie, on va toujours très bien, plaisanta-t-elle en présentant son sourire auquel il manquait quelques dents. Oh, mais c’est ta petite dernière ! Bonjour toi !

Elle se pencha difficilement vers Euterpe qui, un peu impressionnée, resserra sa prise sur le pantalon de son père. Peu sûre de la façon dont elle devait réagir, elle lança un regard de détresse à sa mère en faisant la moue.

- Tu ne parles pas encore, à ton âge ?

- Non, répondit le père. Elle n’a pas encore dit un mot, malgré tous nos essais. Pour l’instant, il n’y a pas à s’inquiéter, on nous a dit. C’est peut-être dû à de la timidité.

- Votre attention à tous !

La voix de Gaël s’éleva dans le micro et tout le monde se plaignit du larsen qu’il provoqua.

- Le mariage va commencer, je vous prierai donc d’aller vous asseoir, avant que nos chers mariés arrivent !

Alexane prit congé de la petite famille et suivit Sasha qui la conduisit vers une chaise libre.

Ludovic et sa famille trouvèrent leur place tout devant à gauche, comme il était le témoin de son frère. Euterpe se plaça silencieusement entre son père et sa mère, afin que ces derniers puissent la surveiller, au cas où l’ennui la prenne et lui donne envie de s’échapper pour aller jouer avec son frère, même si ce n’était pas son genre. Mieux valait être prudent. Aeson, lui, était assis au bout, surveillé par sa mère. Lui, en revanche, essaierait d’aller voir ailleurs, peu intéressé par les évènements. Jouer avec Clara l’intéresserait beaucoup plus.

Après plusieurs longues minutes d’attente, le marié arriva enfin. Lewyn n’avait jamais été aussi élégant. Son costume noir lui seyait à ravir, le rendait grand, beau et un nœud papillon rehaussait sa chemine blanche, le forçait presque à tenir sa tête haute.

Il vint se placer sous l’arche, devant la personne qui les marierait, lui et Astrid et attendit, les mains jointes et tremblantes. Ludovic pensa que si Aelis avait été là, elle se serait gentiment moquée, pour essayer de le rendre moins nerveux. Car malgré tout ce qu’elle avait toujours pu laisser paraître, Aelis appréciait Lewyn, c’était son petit frère qu’elle devait protéger et aider. Mais Aelis n’était plus là, alors ce fut Ludovic qui essaya silencieusement de calmer son frère.

Puis la mariée arriva à son tour.

Elle était radieuse au bras de son père, fier d’accompagner sa fille jusqu’à l’autel. Son sourire éclatant était destiné à une seule personne, une seule, l’homme qui attendait. C’était lui, le bon, celui qu’elle aimait, et dont elle avait réussi à se faire aimer en retour, malgré son fort côté asocial. Et elle en était comblée.

Derrière elle, la petite Clara, transformée en demoiselle d’honneur officieuse, portait tant bien que mal la traîne de sa mère, toute fière malgré la difficulté de la tâche. Elle la lâcha souvent, fit mine de rien, se pencha pour la récupérer et reprit sa route comme si de rien n’était.

Astrid avait une robe magnifique. Le haut de son bustier s’étendait en dentelle jusqu’à ses épaules et cette même dentelle était brodée en une seule ligne qui allait jusqu’au bout de la traîne, atterrissant directement dans les mains de Clara. Son jupon était légèrement bouffant et présentait plusieurs couches de tissus, et c’était pour cette raison que la petite fille avait du mal avec la lourde traîne.

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L’échange des vœux et des bagues fut assez rapide, en fin de compte, si rapide que les deux cousins, Aeson et Clara, n’eurent pas le temps de s’ennuyer assez pour s’éclipser et jouer dans leur coin. Ils restèrent plus ou moins sagement sur leurs chaises, se lançant régulièrement des regards complices à travers l’allée.

Les lèvres des amants se scellèrent, les unissant à jamais dans le mariage. Puis tous se levèrent pour les applaudir. Clara bondit alors de sa chaise, échappant à la surveillance de ses grands-parents, pour faire à câlin à sa mère, et apparaître sur la photo, sans doute, pour laquelle elle offrit son plus grand sourire. Puis, furtivement, elle passa à autre chose et vint attraper le bras de son cousin pour l’emmener au loin, arrachant un cri de surprise à Erato qui la vit passer à toute vitesse devant elle. Euterpe, elle, les regardait avec envie, sans oser se manifester.

- Aeson, reviens s’il-te-plaît ! cria leur mère.

Obéissant et ne voulant pas se faire disputer, le petit garçon fit demi-tour pour faire face à Erato, qui poussait la petite muse devant elle.

- Prenez ta petite sœur avec vous, elle veut jouer aussi, d’accord ?

- D’accord !

Il s’empara de la main timidement tendue de la petite et se mit à courir, la forçant à suivre alors que ses petites jambes étaient encore hésitantes quant à la marche. Inévitablement, elle tomba la tête la première. Les parents n’avaient rien vu. Si elle ne pleurait pas, Aeson échapperait peut-être à une remontrance.

- Euterpe ? Ça va ? Pleure pas, s’il-te-plaît.

En réponse, elle s’esclaffa, contaminant son grand frère qui fut pris d’un fou rire.

- Ok, tu te souviens quand on a joué à cache-cache avec Dan ? demanda-t-il en reprenant son sérieux, car lorsqu’il fallait parler de jeux, il fallait être sérieux.

La petite muse hocha vivement la tête.

- Tu sais compter jusqu’à dix ?

Deuxième hochement de tête. Dan s’était évertué à lui apprendre à compter jusqu’à dix pour qu’elle puisse jouer aussi. Il lui avait fallu plusieurs heures d’effort, vu que la petite restait muette et que savoir si elle comprenait ou non était par conséquent très compliqué, mais quand Dan voulait quelque chose, il savait se montrer déterminé.

- Alors tu commences à compter ! Et tu triches pas, d’accord ? Après, tu viens nous chercher, tu te souviens, hein ?

Nouvel hochement de tête. Comme on lui avait appris, elle porta ses paumes de main devant ses yeux et compta silencieusement dans sa tête en fredonnant. Fredonner lui permettait de se concentrer.

Tandis que les enfants se cachaient, les adultes, eux, discutaient tous entre eux, le couple nouvellement marié passait d’une personne à une autre pour prendre des nouvelles, se faire féliciter et discuter un peu. Ils s’arrêtèrent longuement auprès de Ludovic et sa compagne.

- Félicitations frangin ! s’exclama Ludovic quand le nouveau marié approcha.

- Merci beaucoup, répondit-il avec un soupçon d’amusement dans la voix. Comment allez-vous ?

- On se sent un peu seuls, à la maison, avoua son frère.

- Seuls ? Avec deux enfants en bas-âge ? s’étonna Astrid, qui ne cessait de rayonner dans sa robe.

- Paradoxal, n’est-ce pas ? C’est juste qu’Icare a quitté la maison à son tour, il ne reste plus que nous et Dan.

Personne ne connaissait plus l’existence de Danaé. Hestia devait se créer un nouveau personnage, car celui-là commençait à devenir beaucoup trop vieux.

- Icare est parti ? Déjà ? Il a quel âge ?

- Dix-huit ans, répondit Erato.

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Ses dix-huit ans arrivés, le jeune homme avait rassemblé toutes les économies qu’il avait accumulé avec des travails à mi-temps, et son père, souhaitant l’aider dans son projet, l’avait également aidé financièrement, afin qu’il rachète une vieille ferme abandonnée depuis la mort de son propriétaire quelques mois auparavant. Théa l’avait également aidé, puisqu’elle était partie vivre là-bas avec lui, au grand dam de ses parents, qui auraient voulu pour elle qu’elle fît de grandes études supérieures. Erato avait essayé de négocier avec eux, leur expliquer qu’ils étaient jeunes et amoureux, la tête remplie de projets ambitieux, mais ils n’avaient jamais voulu comprendre et voyait Icare d’un mauvais œil. Depuis, les deux jeunes gens vivaient sans se soucier de ces problèmes et retapaient sans relâche leur habitation, dans l’espoir un jour d’en refaire une ferme renommée.

Le jeune homme avait également fait le deuil de Dog, et désormais, un petit berger suisse blanc comme neige nommé Pip le suivait partout où il allait et s’amusait à poursuivre Shora, qui avait suivi sa maîtresse dans son déménagement.

- Je lui souhaite plein de réussite alors ! dit Astrid quand Erato eut fini de lui expliquer le projet de vie de son petit frère.

Puis les mariés furent pris en otage par Alexane qui leur raconta sa vie, comme elle l’aimait le faire, et Erato et Ludovic la leur laissèrent.

Ils aperçurent Aeson se dissimuler derrière un arbre, tandis que cette fois-ci, Clara comptait tout haut, avant d’hurler « Prêts ou pas, j’arrive ! ».

- Essaye de deviner combien de fois on m’a demandé quand ce serait à notre tour de nous marier, défia Ludovic.

- Trois fois ? répondit la muse au hasard.

- Trouvé Aeson ! hurla Clara au loin, tandis qu’Aeson lâcha un cri de déception.

- Cinq, rectifia-t-il.

- Et tu leur as répondu quoi ?

- Que pour l’instant on était très bien comme ça.

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Il passa son bras autour des épaules de sa compagne et l’approcha de lui, pour venir lui planter un baiser sur la tempe. C’était la vérité. Ils étaient très heureux sans mariage, ça ne leur semblait pas nécessaire à leur relation. Ils avaient deux enfants magnifiques, dont l’une était une muse, l’un des espoirs de ce monde. Erato avait fait ce qu’on attendait d’elle. Elle avait élevé son frère et sa sœur, et ces derniers étaient maintenant devenus des adultes. L’un vivait sa vie indépendamment et l’autre combattait sa maladie avec bravoure. Elle avait supporté et consolé son meilleur ami dans les pires moments, et en échange il avait gravé des souvenirs heureux dans sa mémoire pour toujours. Elle avait trouvé l’homme de sa vie et avait donné naissance à un fils et une fille, une muse, rendant le sourire à Hestia pour quelques temps. Elle avait réussi ses études et trouvé un travail capable de supporter ses besoins et ceux de sa famille. Malgré tous les problèmes qu’elle avait eu dans sa vie, malgré les difficultés, les pleurs, les disputes, les nombreuses erreurs qu’elle avait faites, elle avait réussi.

 

Plus tard, quand le soleil commençait à descendre se cacher derrière les montagnes, les musiciens arrivèrent, et Euterpe, échappant à la surveillance de son grand frère, s’avança vers eux avec une étincelle d’envie dans les yeux. Fascinée, elle se laissa tomber à terre et les regarda jouer, tandis que les adultes dansaient derrière elle.

La musique prit fin et les musiciens décidèrent d’une pause. Ce fut là que le pianiste remarqua la petite, qui ne les quittait pas des yeux. Amusés, il s’approcha d’elle.

- Tu veux essayer ?

Confuse et impressionnée, le visage de l’enfant blêmit.

- Tu comprends ce que je dis au moins ? rit nerveusement le pianiste en remarquant à quel point elle était jeune.

Elle hocha la tête.

- Tu veux essayer alors ? proposa-t-il une nouvelle fois.

Cette fois-ci, elle ne laissa pas l’occasion de répondre s’en aller. Elle balança brusquement sa tête d’avant en arrière, toute excitée à l’idée de toucher un instrument.

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Le pianiste l’emmena sur scène, et la posa sur ses genoux, devant le piano synthétique. Incapable d’attendre plus longtemps, elle abattit ses petites mains sur les touches, en riant mélodieusement.

Ce fut le premier souvenir à s’ancrer dans sa mémoire. La muse en elle s’était éveillée.

FIN de la génération 4


Eh oui, ce chapitre est le dernier de cette génération ! Vous ne pouvez pas vous imaginer comme je suis émue et tellement contente à la fois ! Erato, c'est le premier gros projet écriture que je termine en si peu de temps et dont je suis fière ! Avec cette histoire, j'ai réussi à m'éloigner de mes histoires fantastiques un peu clichées et à me rapprocher du réalisme qui me faisait souvent défaut. Depuis un an, mon style s'est vraiment confirmé, ainsi que mes scénarios, que j'arrive à faire tenir plus longtemps (preuve à l'appui, la génération de Thalye, terminée en seulement 10 chapitres parce que je n'arrivais pas à la développer).

J'ai réussi pendant un peine plus d'un an à sortir un chapitre par semaine (ou presque), soit 44 chapitres, 188 pages word et un peu plus de 90 000 mots. Bref, j'ai pas chômé, j'ai jamais autant écrit de toute ma vie, en si peu de temps.

J'espère sincèrement que cette génération vous aura plu, personnellement, je pense qu'elle est et restera ma préférée. Et quitter Erato, Dan, leur amitié fusionnelle, Ludovic, Icare, Maïa, ça me fait mal au cœur, c'est jamais facile de quitter des personnages... ;_;

Merci beaucoup de les avoir suivi dans leurs aventures pendant si longtemps, merci de vos commentaires, de vos petits mots qui m'ont motivée. Je parle comme si c'était la fin des muses, mais cette génération était un projet si important pour moi que même si ce n'est pas la fin des muses, ça reste la fin d'une histoire à part entière.

 

Les muses seront donc en hiatus durant un temps indéterminé. Je vais avoir un nouvel ordi pour Noël, donc je vais devoir transférer toutes mes données, installer tous mes sims, bref, y'a du boulot. Et je dois préparer la prochaine génération, comme je l'ai déjà dit, créer les persos, les décors, changer le design du blog pour l'occasion... J'essaierai de revenir pour la mi-janvier.

 

P.S : qui se souvenait de notre petite Alexane Vanek ? c: