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Ellie se regarda une dernière fois dans le miroir. Ses cheveux bouclés tenaient plus ou moins en place, mais de toute façon, elle n’avait jamais pu rien en faire. Elle avait les mêmes cheveux que sa mère, même s’ils avaient la couleur de ceux de son père. D’ailleurs, c’était bien l’une des rares choses qu’elle avait hérité de sa mère. Ellie était la copie conforme de son père, et la jeune fille en était fière. Elle aimait son père plus que tout, et lui ressembler était le plus grand des honneurs pour elle. Elle voulait tant être comme lui.

- Ellie ? appela sa mère quand elle sortit de sa chambre.

- Quoi ?

Encore… se retint-elle de dire. Il lui semblait que sa mère ne la laissait jamais tranquille. Elle avait toujours quelque chose à lui dire, ou à lui demander, et ce à chaque fois qu’elle sortait de chambre. Elle aurait dû passer par la fenêtre, comme elle le faisait parfois quand elle voulait éviter d’être sollicitée.

- Tu peux m’essuyer la vaisselle, s’il-te-plaît ?

- Je dois aller au bowling avec les potes, demande à Corentin, répondit simplement la jeune fille.

- Corentin l’a déjà faite à midi.

- Il peut la refaire ce soir, il en mourra pas. Je la ferai demain.

Puis elle quitta la maison avant que la conversation ne s’envenime. Elle connaissait sa mère, elle se connaissait également, et généralement, elles ne se parlaient que très rarement sans se disputer. Ellie en était fatiguée, mais la relation avec sa mère empirait de jour en jour. Tout était sujet aux disputes, même une vaisselle pas essuyée, alors qu’au fond, qui s’en souciait réellement ? Personne. Alors Ellie évitait les conflits en fuyant devant eux, comme elle venait de la faire. C’était la meilleure solution.

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Le bowling se trouvait au centre-ville, à une dizaine de minutes de chez elle. La nuit était tombée depuis plus d’une heure maintenant, et son chemin n’était éclairé que par de vieux lampadaires dont la lumière formait un halo blafard strié de flocons qui tombaient calmement.

Il n’y avait personne sur le chemin, le silence était de plomb. Tout ce qu’Ellie entendait étaient ses pas étouffés dans la neige et sa respiration oppressée par son énorme écharpe qui lui couvrait jusqu’à son nez. La vapeur s’échappant de son souffle parvenait pourtant à se faire voir dans la nuit, malgré la barrière de laine qui lui faisait face.

Ellie aimait le silence de la civilisation en montagne. L’hiver, la nature était endormie, mais l’été, lorsqu’elle partait marcher, elle pouvait écouter le chant de la montagne.

- Écoute Ellie, tu entends ? C’est la montagne qui chante.

Elle ferma les yeux. La montagne ne chantait pas les nuits d’hiver.

Son chemin se fit plus lumineux tandis qu’elle approchait le centre-ville. Ce n’était pas vraiment un centre-ville à proprement parlé, Bearwell n’était qu’un village de montagne, un grand village, certes, qui faisait petite station de ski, mais un village néanmoins. Le centre-ville, comme tout le monde l’appelait, était la partie la plus touristique. C’était là qu’on trouvait les hôtels, les restaurants, les magasins et les activités, comme le bowling.

Le bowling était dans un immense bâtiment en bois et en pierre, qui regroupait en son sein une patinoire, une piscine et son spa, une salle de sport, une garderie et bien sûr, le mur d’escalade si cher à Ellie. C’était là que les touristes venaient passer leurs soirées où les jours où le temps était trop mauvais pour skier.

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Devant le bowling attendait une jeune femme, d’un an et demi son aînée. Elle avait de courts cheveux châtain clair qui frisaient inégalement et ses yeux noisette savaient capter les moindres cadres parfaits pour être pris en photo. Ce soir, elle était totalement emmitouflée dans une écharpe multicolore que sa grand-mère lui avait tricotée quand elle était encore enfant. Ellie avait toujours connue Léane avec cette écharpe, elle l’adorait et la chérissait, encore plus depuis que sa grand-mère avait quitté ce monde un an auparavant. Elle frictionnait ses mains protégées de petits gants quand elle aperçut Ellie.

- Hey ! Ellie !

- Salut Léane, comment tu vas ?

- Très bien et toi ?

- Ça va. Où sont les autres ? Il est plus de dix-huit heures déjà.

- J’en sais fichtrement rien, ils me gavent ces garçons à toujours être en retard ! s’emporta Léane en tentant de se réchauffer, en vain. On entre ? Il fait trop froid.

Ellie acquiesça et Léane se précipita à l’intérieur, pressée d’être de nouveau au chaud. Le bowling était un établissement chaleureux, décoré dans une ambiance montagnarde avec son bois sombre au mur et son bar lui aussi en bois. Des dizaines de petites tables basses étaient entourées de fauteuils et canapés bleu et violet pastels. Dans une alcôve se trouvaient des fauteuils en cuir, disposés en U devant une télé à écran plat qui diffusait en boucle soit du sport, soit des clips de musique quand aucun sport intéressant ne passait. Au fond s’étendaient quatre pistes de bowling, qui valait son nom à l’établissement, même si rares étaient les gens qui venaient y jouer au bowling. À gauche du bar, quelques jeux d’arcades se tenaient là, prêts à gober des pièces à n’en plus finir.

Elles s’installèrent à une table et se débarrassèrent de leurs nombreuses couches, qu’elles entassèrent sur un fauteuil à leurs côtés.

- C’est à cause de Romain ça, j’en suis sûre, en vélo, il se dépêche, ça c’est sûr, mais alors pour arriver à l’heure au bowling, y’a personne ! Quand je le vois, je lui en colle une, et après je lui fais un câlin, parce qu’il m’a manqué quand même.

La jeune rousse éclata de rire. Elle adorait Léane et son franc-parler. Elle n’avait jamais peur de dire ce qu’elle pensait, et en général, elle ne le disait jamais d’une manière élégante. On lui disait souvent que c’était très mal vu pour une fille que de parler vulgairement, mais à ces gens, Léane ne leur répondait que plus vulgairement encore, pour les agacer.

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- Tu n’as pas pris ton appareil photo ? s’étonna Ellie.

- J’ai failli, mais je me suis dit qu’avec des modèles tels que Gus et Romain, c’était pas la peine.

Léane avait un don et une véritable passion pour la photographie. Elle ne se promenait que très rarement sans son appareil, car à chaque moment, la photo parfaite pouvait se présenter, disait-elle. Depuis qu’elle avait quitté le lycée un an auparavant, son diplôme en poche, elle n’était pas partie comme beaucoup d’autres en ville pour y faire des études, mais était restée ici, à Bearwell, pour alimenter son book professionnel. Elle passait ses journées entières à arpenter la montagne pour la photographier, ou suivait ses amis dans leurs activités sportives pour prendre des clichés.

- Salut les filles, qu’est-ce que je vous sers ?

- Oh putain Vincent, tu m’as fait peur, je t’avais pas vu arriver ! s’écria Léane en un sursaut.

Vincent était le propriétaire du bowling. Quarantenaire nostalgique de sa jeunesse, il aimait quand Ellie et son groupe d’amis étaient de sortie dans son bar, c’est pourquoi il les connaissait bien, tous les quatre.

- Où est l’autre moitié ? demanda-t-il justement, étonné de ne pas voir les deux garçons de la bande.

- En retard, comme d’hab ! hurla la jeune photographe pour que tout le monde puisse l’entendre.

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- Roooh, cinq minutes, à peine, se défendit Romain en entrant, suivi de Gustave.

- Serait-ce la gentille voix de Léane que j’ai entendue ? se moqua se dernier en apparaissant à son tour. Un coca pour moi Vincent, s’il-te-plaît ! ajouta-t-il en remarquant le gérant.

- Une bière pour moi, dit Romain à son tour. J’ai enfin dix-huit ans !

- T’es enfin devenu un grand garçon, railla Léane, qui avait dix-neuf ans depuis peu.

Romain fit la sourde oreille et se posa lourdement aux côtés de la râleuse, passant un bras autour de ses épaules et l’attirant vers elle pour l’embêter.

- Aaah, tu m’as manquée, Léane.

- C’est toi qui nous a manqué, raconte ! le pressa Ellie.

Elle n’avait pas vu Romain depuis novembre, où il était parti dans un pays plus chaud où il pourrait s’entraîner. Depuis qu’il était enfant, il adorait arpenter la montagne en vélo et arrivé à l’adolescence, il avait commencé à faire de la descente de façon plus intense et professionnelle. Il s’entraînait si souvent qu’il ratait sans scrupules les cours, et au lieu de redoubler son année de première, ratée à cause de sa passion trop chronophage, il avait quitté l’école pour se consacrer à temps plein au vélo. Son entraîner, voyant en lui un futur grand champion, s’était débrouillé pour lui financer plusieurs mois à l’étranger pour que l’hiver ne stoppe pas ses entraînements.

- Je raconte pas sans ma bière. Ah, bah la voilà !

- Alors, le champion est de retour ? demanda l’adulte en apportant les boissons.

- Seulement pour trois semaines, j’y retourne après !

- Ça fait du bien de te revoir par ici, ça manquait de vie. Même si là les touristes vont commencer à arriver, avec les vacances.

- Ça commence bien, pour un premier soir, y’a déjà pas mal de monde.

- Ouais, j’ai du boulot, alors je vous laisse profiter de votre soirée les jeunes !

Ils le remercièrent et tous commencèrent à prendre une gorgée de leurs boissons.

Romain leur raconta alors. Pour que le temps reste au beau fixe, il avait dû partir dans les îles volcaniques d’Isla Paradiso. Là-bas, on pouvait pratique le vélo de descente, même s’il devait l’avouer, les montagnes de Bearwell étaient beaucoup plus belles et intéressantes à parcourir.

- Et la vie à la mer, comment c’est ?

- Une horreur.

À l’instar de ses trois amis, Romain était un enfant de la montagne. Ils pouvaient aimer la mer, mais y vivre était inconcevable. L’idée même de ne pas vivre à la montagne les dégoûtait. La montagne était leur vie, ils y avaient tous leur passion. Romain et son vélo, Gustave et ses skis, Léane et ses photos, Ellie et son escalade.

- Au fait, quelqu’un à des nouvelles de Charlotte, demanda le seul blond du groupe, Gustave.

Autrefois, au collège, la bande d’amis était composée de cinq adolescents soudés comme les doigts de la main. Jusqu’à ce que le père de Charlotte trouvât un travail dans une grande ville, à des centaines de kilomètres de là. Malgré les promesses de rester en contact, les messages et les appels s’étaient faits plus espacés, tout comme les visites. Elle n’était pas revenue à Bearwell depuis deux ans maintenant.

Ils hochèrent tous la tête négativement, tout en repensant à tous les moments que les cinq avaient passé ensemble.

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- Bon et toi Ellie, toujours avec ton hockeyeur ?

- Il n’est plus hockeyeur, et oui, toujours, même si c’est pas facile de se voir maintenant qu’il fait ses études en ville.

- Ahalala, qu’est-ce qu’il est parti foutre en ville notre bon Simon ? demanda Romain, même s’il savait parfaitement pourquoi il était parti en ville.

- Études, imbécile, rétorqua sèchement la jeune fille.

- Je rigole, te vexe pas, se moqua son ami en se penchant pour lui ébouriffer les cheveux.

Ellie échappa à sa main au dernier moment en plongeant sur le côté, atterrissant sur les genoux du second garçon du groupe.

- Bonjour… s’étonna ce dernier.

- Romain m’embête… se plaignit-elle en imitant une enfant embêtée par un petit frère agaçant. Hé, c’est Crash !

Allongée de tout son long sur Gustave, Ellie avait une parfaite vue sur les grandes fenêtres qui donnaient sur la passerelle dehors. Il était bientôt dix-huit heures et demie et les hockeyeurs de Bearwell se dirigeaient maintenant vers les vestiaires, au sous-sol, pour l’un de leurs entraînements hebdomadaires.

- Crash ? Le mec qui zozote ?

- Lui-même. Je vais aller lui dire bonjour !

Elle se tortilla pour se remettre sur pieds, appuya au passage sur le ventre de Gus, lui coupant le souffle et arrachant une complainte haletante.

Le froid dehors était mordant sans écharpe ni manteau pour le contrer. Le vent ne soufflait pas fort, mais apportait tout de même avec lui des flocons dont les tiges glacées s’amusaient à picoter les moindres parcelles de peau laissée à nue.

- Crash ! hurla-t-elle pour couvrir le bruit que faisaient les protections de hockey qui se balançaient dans les sacs de sports.

Le jeune homme se retourna, et Ellie eut ainsi le temps de la rattraper avant qu’il ne prenne les escaliers menant aux vestiaires.

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Il avait la parfaite carrure d’un hockeyeur. Large d’épaule, grand et musclé, Crash était l’un des meilleurs de l’équipe. Il avait aussi la chance d’avoir un beau visage encadré d’une touffe de cheveux noirs. Une mâchoire carrée, mangée par une barbe qu’il s’amusait à laisser pousser, de grands yeux d’un bleu limpide, même son nez, pourtant cassé de nombreuses fois à cause du sport qu’il pratiquait et par conséquent légèrement de travers, ne gâchait pas le tableau. La jeune fille faisait bien pâle figure en face de lui, du haut de son mètre soixante et son corps si fin et élancé qu’il pouvait sans aucun doute la porter d’une seule main.

- Ellie ! Comment ça va ?

La seule chose qui pouvait discréditer Crash et son allure de gros dur, c’était quand il parlait. Sa voix n’y était pour rien, elle était grave, masculine, rassurante. Ce qui lui faisait défaut était un problème physique, entraînant chez lui un léger zézaiement qu’on ne pouvait ignorer, même après plusieurs années à le connaître. C’était sa marque de fabrique, sa caractéristique qu’il assumait, malgré les rires de certaines personnes.

- Ça va et toi ?

Elle l’avait connu grâce à son petit-ami, Simon, ancien hockeyeur de l’équipe de Bearwell. Alors qu’elle assistait à un match amical un an auparavant, Crash, sur le banc de touche, avait commencé à lui parler sans la moindre gêne, malgré son handicap. Depuis, ils étaient devenus de bons amis.

- Hé, Charles, magne, on est à la bourre ! gueula l’un de ses coéquipiers en voyant qu’il traînait.

- J’arrive ! gueula Charles en retour.

Quand elle était rentrée en compagnie de Simon ce soir-là, il lui avait expliqué pourquoi presque tout le monde qui le connaissait bien l’appelait non pas Charles, mais Crash.

- Désolée Ellie, j’aimerai discuter, mais je n’ai pas le temps. On se re-capte plus tard, tu es en vacances, là, non ?

- Oui, pas de soucis ! Entraîne toi bien !

- Merci !

Puis il tourna les talons et emboîta le pas à son coéquipier. Quant à elle, Ellie se frictionna les mains, se maudissant d’être sortie si peu habillée dans le simple but de dire bonjour à Crash. Elle frissonna violemment et elle retourna à l’intérieur. Le silence sacré d’une nuit hivernale laissa place à la musique électro pop que Vincent s’entêtait toujours de mettre, malgré de nombreuses protestations des quatre jeunes, lui assurant qu’il n’était pas plus cool en écoutant ce genre de musique.

- Hé, mais il est pas mal du tout ton pote ! fit remarquer Léane quand elle arriva vers leur table.

- Attends de l’entendre parler, ça casse tout le mythe, plaisanta Romain.

- Hé ! Je t’interdis de te moquer de lui ! s’emporta Ellie, qui détestait les gens qui se riait du handicap de son ami.

- Je rigole, Ellie, tu me connais mieux que ça, voyons.

Il avait raison. Elle savait que Romain avait un penchant pour les blagues de mauvais goût qui pouvaient très rapidement devenir désobligeante ou insultante. C’était un penchant assez agaçant, mais elle avait appris, au fil des années, à ne plus prendre ce qu’il disait au pied de la lettre, à toujours chercher le second degré, mais ne plus le voir pendant plusieurs mois lui avait fait perdre cette habitude.

Elle s’assit, passa une main dans ses cheveux tachetés de flocons, et souffla afin de reprendre ses esprits et se remettre dans l’ambiance chaleureuse de leur soirée.

- Bon, qui est chaud pour un billard ? s’écria soudainement Léane, voyant que l’ambiance s’était un peu refroidie.

- Oh la vache j’ai eu peur, j’ai cru que t’allais proposer un bowling.

- Gus, sérieusement, rappelle moi de quand date notre dernière partie de bowling…

- C’est pour ça, j’ai eu peur, je me demandais : « mais depuis quand on joue au bowling nous ? »

En vérité, le bowling faisait plus office de bar, dans ce village qui ne comptait qu’un pauvre pub comme alternative. Les gens qui venaient jouer au bowling étaient la plupart du temps des touristes, les autres venaient simplement boire un verre, regarder le sport à la télé à écran plat suspendue au mur, ou jouer au billard, ou aux jeux d’arcades qui n’intéressaient que les gamins des touristes.

Ils se levèrent tous, emportant leurs boissons pour ceux qui ne l’avaient pas fini et se dirigèrent vers l’un des deux billards. Le début des vacances était encore calme, et ils étaient tous deux disponibles. Leurs verres à moitié rempli atterrirent sur une petite table haute, et furent délaissés au profit de queues de billard qu’on enduisit de bleu.

- C’est partiii ! Romain, ramène-toi, tu sais comment on arrange les boules !

- On dit les billes, Léane, fit remarquer l’intéressé.

- J’ai vérifié, parce que tu me gaves tout le temps avec ça, et on peut dire les deux, c’est Wikipédia qui l’a dit !

- Bon, allez, la ferme les amoureux, on joue ! Je me mets avec Ellie !

- Hors de question que je sois en équipe avec Romain ! Ou je le tue avant la fin.

- Ça nous débarrassera, railla Ellie. Je casse !

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Au même moment entrait dans le bowling une jeune femme aux cheveux si bruns qu’ils paraissaient noirs, aux yeux de la même couleur, qu’elle tenait tous deux de son père, loin de s’imaginer que sa vision de la vie changerait.


Meet everybody \o/ Mes personnages les plus récurrents ont presque tous été présenté désormais. avez-vous une préférence pour le moment ? c:

Sinon, j'ai une grosse grippe en ce moment, je suis tellement malade que j'ai failli oublier de foutre un titre à ce chapitre et de le poster. Je sais pas pour combien de temps j'en ai, mais si ça dure, il se peut qu'il n'y ait pas de chapitre la semaine prochaine, je suis tellement dans les vapes H24 que j'évite un maximum mon ordi :')