Screenshot-42

Le lendemain matin, après une nuit agitée où Clio se ressassait la désastreuse rencontre avec Zeus, elle se leva finalement. Il n’était même pas 8h du matin, un samedi. Hestia, ayant entendu l’escalier craquer sous le petit poids de la jeune fille, se leva à son tour.

- Clio ? Tu es déjà levée ?

- J’ai eu du mal à dormir. J’en avais marre de rien faire.

- Et… Comment ça s’est passé hier avec Zeus et Andreïs ?

Elle lança à la déesse rouge un regard qui voulait tout dire. Elle n’insista pas davantage.

- Je vois… Il a été odieux.

- Comme d’habitude, je dirais… 

- Zeus, est un homme très orgueilleux, il ne veut pas que l'on sache...

- Je sais, Hestia, je sais tout ça, la coupa Clio. Je ne veux plus parler de lui, s'il-te-plaît. 

Elles prirent alors un petit-déjeuner dans le silence, un froid entre elles. Clio n'aimait pas ça. Zeus, même sans être là, même sans réellement intervenir, parvenait à les séparer. 

Screenshot-44

Le ciel était menaçant, la pluie tombait à grosses gouttes depuis des heures. La jeune fille les regardait au travers de la fenêtre de sa chambre. Pourquoi est-ce qu'il pleuvait toujours dans cette ville ? Pourquoi ne pouvait-il pas faire beau juste une journée, dans le week-end, quand elle avait rendez-vous avec Andreïs ? 

Elle s'allongea sur son lit et observa le plafond. Leur sortie n'était pas annulée, mais elle détestait ce temps. Elle ne pouvait même pas courir. 

Screenshot-45

- Zeus, je pense qu'il faut qu'on parle, l'aborda sans préambules Hestia en entrant dans la salle de bain où il améliorait un énième objet de la maison. 

- Désolé Hestia, mais je n'ai vraiment pas envie de t'écouter, comme d'habitude, je ne vois pas pourquoi tu essayes encore ! railla-t-il.

- C'est fois-ci, c'est sérieux ! C'est au sujet...

- ... De Clio, je sais. C'est toujours sérieux et au sujet de Clio.

- Et je suppose que tu sais de quoi je veux parler, puisque je suis si prévisible, répondit-elle avec une ironie palpable. 

- Effectivement, mais sache que je m'en excuserai pas, ni auprès d'elle, ni auprès de toi, j'assume parfaitement mes actes et paroles.

Il n'était pas pour le moins du monde troublé. Il parlait de ça comme d'une chose normale, il n'en avait rien à faire, son bricolage en était même plus important. Rien ne pouvait changer cet homme, et encore moins les disputes. C'était peine perdue. 

Screenshot-46

À l'heure prévue, Clio était devant le cinéma. Il pleuvait de plus en plus, il faisait froid. Andreïs ne se montrait pas. Où était-il ? L'avait-il oubliée ? Non, pas Andreïs, il l'aimait plus que tout. Mais alors pourquoi était-il en retard ?

Le jeune homme s'approcha, sans qu'elle ne le vit.

- Coucou ! 

Clio sursauta, surprise, tellement que son parapluie tomba. En même pas deux secondes, ses cheveux étaient déjà trempés.

- Tu es en retard, se contenta-t-elle de dire, faussement agacée.

- Contretemps, je parlais à mon père, j'ai pas pu me libérer avant, tu me pardonnes ? 

Elle fit semblant d'hésiter, alors que dans sa tête la réponse était déjà trouvée.

- Peut-être... Que si tu m'embrasses.

Il s'empara de ses lèvres tandis que la pluie ruisselaient entre leurs visages. Ils restèrent longtemps ainsi, enlacés, transis de froid. 

- On y va ? Le film va commencer.

Screenshot-50

- Allez, laisse-moi voir ! suppliai la jeune muse en sautillant derrière Andreïs, essayant de voir quel film il choississait. 

- Non, c'est une surprise, tu verras. 

Elle croisa ses bras et fit la moue, telle une gamine de cinq ans faisant un caprice, mais au lieu de décider le jeune homme à lui répondre, il éclata de rire.

- Je n'aime pas les enfants capicieux. Allez viens, dit-il avant de lui prendre la main et partir en direction de la salle. 

Screenshot-52

La salle était vide, peu de gens dans Monte Vista prenaient le temps de sortir, et encore moins lorsqu'il pleuvait. Ce n'était pas une grande ville et la plupart de ses habitants étaient des familles banales, de vieux couples ou des fous de la carrière. Alors le plus souvent, les lieux comme le cinéma étaient déserts.

- On a la salle pour nous, c'est trop cool, non ? 

- Tu vas me dire ce qu'on va voir, oui ou non ? changea-t-elle totalement de sujet.

- Tu ne lâches jamais l'affaire toi.

- Jamais.

Screenshot-58

- Un film d'horreur, donc, conclut la jeune fille une fois devant le film. Ou comment avoir une fille apeurée dans ses bras.

- Eh...! Ça marche !

- Oui, répondit-elle en souriant.

Elle déposa un baiser sur ses lèvres et se colla encore plus à lui. Elle était bien, dans ses bras, c'était la seule chose qui comptait réellement. Elle regardait le film sans le voir, elle ne voyait qu'Andreïs. 

Screenshot-59

Une fois le film fini, ils restèrent dans la salle, enlacés, pendant de longues minutes, à savourer ce moment ensemble. Jusqu'à ce que le ventre de Clio grogne. Dehors, il pleuvait encore. 

- Je déteste ce temps, maugréa-t-elle. 

- Je sais. Mais ça va pas gâcher notre journée, on va manger ! 

Screenshot-61

Le ciel était encore très gris, mais lors du repas, la pluie avait cessé. Les deux adolescents restaient alors dehors pour discuter un peu. 

- Clio, il faut que je te dise quelque chose...

Elle leva les yeux vers lui, inquiète. Ce genre de phrase ne présageait jamais rien de bon. 

- Tu sais, mon petit contretemps de tout à l'heure... Mon père m'a appris qu'il repartait dans une autre ville...

- Oh, je vois. Mais tu vas faire comme la dernière fois, rester ici. 

Le jeune homme ne répondit pas, évitant le regard de sa petite-amie.

- N'est-ce pas ? N'est-ce pas ? répétait-elle, les sanglots dans la voix. 

Elle ne cherchait même plus à le regarder, elle n'y arrivait plus, les larmes l'en empêchaient. 

Screenshot-64

Sans même pouvoir se contrôler, sans même réfléchir, elle se leva et quitta la place. Sans savoir où aller. C'était trop, elle n'arrivait même pas à réfléchir correctement à cette révélation.

- Clio...  

Mais la jeune fille était déjà loin . Le jeune homme baissa la tête, accablé, ne sachant quoi faire. Il finit alors par se lever à la recherche de Clio. 

Screenshot-66

Il la trouva quelques mètres plus loin, assise sur un banc, l'air pensive. C'était étrange qu'elle ne soit pas allée plus loin, elle aimait courir, surtout pour réfléchir et se changer les idées. Pourtant ce jour-là, elle restait assise.

- J'en ai marre de fuir. Courir, c'est fuir.

Elle avait prononcé ces mots à mi-voix, comme si elle se le disait à elle-même. Elle ne semblait d'ailleurs pas avoir remarqué Andreïs, qui s'était assis à ses côtés. 

Andreïs était la seule personne en dehors d'Hestia qu'elle aimait, la seule personne qui la comprenait. Et voilà qu'il devait partir. N'avait-elle donc pas le droit d'être heureuse ? N'avait-elle donc pas le droit d'avoir quelqu'un qui l'aime et qu'elle aime en retour ?

- On ne peut pas garder la maison ici. C'est beaucoup trop cher. Je n'ai pas d'autres choix. 

- On a toujours le choix.

Elle continuait de regarder dans le vide, pas une seconde elle risqua un œil vers le jeune homme. Aujourd'hui, elle était calme, sûrement lasse de ce que la vie lui réservait. 

Le silence était pesant, et aucun des deux n'osait le briser. Aucun des deux n'osait regarder l'autre. 

- Tu ne peux juste pas... partir comme ça. Je peux pas te laisser partir. 

- On trouvera une solution, Clio. Tout va s'arranger, comme toujours.

Screenshot-68

La jeune fille releva alors la tête et plongea ses yeux dans ceux de son petit-ami. Il avait tellement confiance en eux, elle avait tellement confiance en eux, que les soucis semblaient dérisoires.

Ils trouveraient toujours une solution.