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- Eh ! Tu vas où ? apostropha Dan son amie qui venait d’attraper son manteau. [manteau qu'elle ne portera pas ensuite, les sims c'est magique ~]

- Je sors, répondit-elle avec le ton le plus naturel qui soit.

Dan arqua un sourcil, suspicieux.

- Tu sors ?

- Tu devrais être content, fit-elle remarquer.

- Je suis inquiet. Tu sors alors que je reste ici. C’est trop étrange.

- Va chez Léonie.

- Tu sors avec qui ? changea-t-il de sujet.

- Avec moi-même, je vais me promener.

- J’peux venir ?

- Non.

- Tu sors avec qui ? répéta-t-il alors.

Si elle refusait qu’il vienne, c’était forcément parce qu’elle y allait avec quelqu’un. Et il savait qui était ce quelqu’un.

- Moi-même, je te dis, répéta-t-elle elle aussi.

- Alors pourquoi tu veux pas que je vienne ?

- Je veux me vider la tête.

Les examens approchaient, cette excuse était plus que valable.

- Tu sors avec Ludovic ?

- Non, toute seule, je te dis.

Elle essayait de garder son calme, de ne pas s’énerver. Elle voulait passer une bonne soirée, sans qu’il ne la gâche.

- Je peux l’appeler alors.

Il ne le ferait pas. S’il y avait la moindre chance qu’elle sorte avec lui, il ne les dérangerait jamais, elle le savait.

- Fais donc.

Elle coupa court à la conversation en claquant la porte.

Elle retrouva le jeune Vanek un peu plus loin, là où Dan ne pouvait espionner depuis la fenêtre. Sans dire un mot, ils se mirent en route. Ils traversèrent le campus silencieux, parfois un étudiant se baladait lui aussi au clair de lune, et ils le saluaient de la main par pure politesse. Le parc central était bien plus animé, on disait même, chuchoté d’une oreille à une autre telle une légende, que le parc ne dormait jamais, les étudiants le gardaient toujours éveillé. Les plus matheux faisaient des compétitions d’échecs, défiant même les étudiants littéraires qui se prêtaient au jeu, bien incapables de gagner. Les plus agitateurs jouaient encore au foot, à la lumière des lampadaires, ambiançant le silence nocturne de leurs cris de victoire ou de frustration. Les plus sociaux étaient assis çà et là en groupes plus ou moins petits, formaient un cercle et discutaient sans hausser la voix, craignant de briser la sérénité de la nuit qui semblait presque sacrée. Les plus amoureux se cachaient derrière les arbres pour se voler un baiser ou deux, éclairés de la lune pleine.

Tous avaient leur place dans ce parc où chacun souriait calmement, loin de la frénésie des fêtes étudiantes, calmées par les examens de fin d’année dont on prenait conscience un peu plus chaque jour.

[Look to the stars]

Ils s’éloignèrent un peu plus, quittant les bâtiments de pierres grises et la douce clameur cacophonique du parc pour s’enfoncer à travers les maisons louées aux élèves les plus aisés. Le terrain s’éleva quelque peu, on s’éloignait de plus en plus de toute civilisation pour se hasarder dans les collines endormies.

Leur balade était rythmée des bruits réguliers de leurs pas et des sons que produisaient les animaux qui se préparaient pour l’été qui ne semblait pas vouloir arriver. Les arbres étaient encore nus, tremblants de froid, à l’instar de la jeune muse. Pourtant le mois de mai s’avançait doucement. L’hiver durait cette année.

Ils marchèrent presque une heure et bientôt, ils atteignirent le plus haut point des collines, culminant à quelques centaines de mètres. De là, on pouvait voir tout le campus, véritable point lumineux esseulé entre les voiles de la pénombre qui enveloppaient les alentours. Les environs étaient calmes, dominés par le silence pesant des étoiles. D’ici, elles semblaient se tenir étonnamment basses, comme s’ils avaient atteint la voûte céleste et qu’ils pouvaient la toucher en tendant la main.

Le regard à peine levé, on ne pouvait voir plus que le ciel. Et une fois le regard perdu dans cet océan immense, on ne pouvait le ramener, envoûté par les étoiles qui se prenaient pour des sirènes.

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Le regard d’Erato était perdu, à la recherche de cette étoile brillante et de cette constellation qu’elle avait oublié. Les étoiles semblaient si différentes d’autrefois, plus nombreuses, plus brillantes, plus changeantes. Elle ne les reconnaissait pas.

Un frisson tiède parcourut sa main, remonta le long de son corps. Sa main n’était plus froide mais emprisonnée par une autre, qui s’y moulait à la perfection.

Difficilement, son regard s’arracha des étoiles et rencontra celui du jeune homme. Tous deux restaient cloîtrés dans un silence agréable qu’aucun ne souhaitait briser. Le silence avait quelque chose d’apaisant dans ce monde qui ne cessait jamais de parler. C’était plaisant de garder le silence dans un monde qui ne cessait jamais de parler. Ça donnait aux évènements un aspect mythique, sacré. Ça rendait les choses intemporelles. Ça arrêtait le temps.

Combien de minutes passèrent-ils là, leurs regards entrelacés, ils n’auraient su le dire. Peut-être tellement qu’elles s’étaient transformées en heures. Ils étaient figés dans le temps, incapables d’en bouger. Même les étoiles semblaient avoir stoppé leur lente course autour de la terre, retenant leur souffle. Seuls les nuages teintés de pâles couleurs témoignaient du temps qui continuait malgré tout de s’écouler en se mouvant paresseusement dans le ciel nocturne.

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Incontrôlables, leurs corps brisèrent leur prison temporelle une fraction de seconde, le temps pour eux de se rapprocher et pour leurs lèvres de se rencontrer. Puis le temps s’enfuit de nouveau, joueur.

Personne ne peut dire avec exactitude la durée de ses absences. Lorsque le temps s’en va, il laisse les choses telles quelles, incapables de mesurer le temps, puis il revient comme si de rien n’était. Une minute, une heure, deux, aucune différence.

S’était-il passé une minute, deux, une heure depuis leur baiser ? Personne ne le savait. Ils mirent longtemps à revenir à la réalité lorsqu’ils se détachèrent. Leurs souffles étaient courts, la fraicheur ambiante leur brûlait la gorge. Les étoiles reprirent doucement leur infatigable course vers l’horizon, dans ce silence envoutant que l’on ne saurait briser et que l’on ne brisait pas.

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La jeune femme ne releva pas les yeux, promenant son regard dans l’immensité sombre de la nuit qui recouvrait le sol. Le jeune homme attrapa son visage et l’arracha à ses contemplations, la forçant avec douceur à le regarder, avant qu’il ne plonge vers ses lèvres une seconde fois.

Ils auraient pu rester sur cette colline, si le temps n’avait pas décidé de se remettre en route. D’un hochement de tête, ils se mirent silencieusement d’accord pour rentrer. Le chemin était le même, mais semblait différent. Peut-être parce qu’il était fait à l’envers, mais peut-être aussi parce que leurs mains étaient désormais jointes. Naturellement, elles se délièrent lorsqu’apparurent les premières lueurs du campus, comme conscientes qu’elles devaient garder le secret qu’elles représentaient lorsqu’elles étaient ensembles.

Puis se détacha de la pénombre la grossière silhouette de la résidence, qu’ils n’approchèrent pas. Ils n’étaient pas à l’abri d’un meilleur ami surveillant les environs, posté à la fenêtre, les yeux perçant la nuit noire à la recherche de son amie. D’où ils étaient, ils étaient cachés. D’un regard entendu, ils surent qu’il était temps de se quitter. L’un comme l’autre ne bougeait pas. Puis Erato tourna la tête, chercha du regard quelque chose d’invisible, inspecta l’autre côté, puis s’élança furtivement vers le jeune homme surpris. Il ne s’était pas attendu à ce qu’un baiser vienne de la jeune femme, et elle non plus d’ailleurs.

Puis elle se recula et rejoignit sa chambre. Dan dormait déjà.


RIP le Eratan

Il leur faut un nom à ces deux là, mais leurs noms se combinent mal, les vilains. Comme propositions, j'ai : Ludera - Eratic - Eradovic - Ludovito - Erado (tuttafait) - ...

Bref, choisissez, celui qui a le plus de "votes" restera ~ Et merci à Nawel pour ses propositions ♥