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Une quizaine d'années après être arrivé dans la villa des muses, le faucon nommé Darbon, devenu vieux, avait trouvé le moyen de s'enfuir par l'une des fenêtres laissée ouverte pour laisser entrer la fraîcheur de l'automne. Encouragés par l'enthousiaste inexplicable de la jeune Thalye, ses parents avaient finalement décidé de remplacer le fidèle faucon par un perroquet coloré et chatoyant, que l'enfant avait prénommé Caracole*.

- Tu t'en occuperas, n'est-ce pas ? demanda Andreïs à sa fille qui admirait les plumes multicolores de l'oiseau.

- Je ne sais pas...

- Pourquoi tu voulais absolument un autre oiseau sur cette branche si c'est pour ne pas t'en occuper ? s'étonna le père, qui ne comprenait que rarement les motivations de la jeune muse loufoque.

- Parce que ça rajoute des couleurs dans la maison, et qu'il est beau ! expliqua-t-elle tout simplement.

Andreïs ne put s'empêcher de rire face à l'explication simpliste de sa fille, qui souriait jusqu'aux oreilles. Avec elle, c'était sûr, jamais la maison ne manquerait de rires et de couleurs.

 

*J'vous jure, La Horde du Contrevent, c'est cool.

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Une fois s'être assurée que l'oiseau était bien installé, Thalye se précipita dans la chambre de son frère et sauta lourdement sur le lit dans lequel le pauvre Calliste dormait encore, lui arrachant un cri étouffé.

- Thalye ! suffoqua l'enfant. 

- Réveille-toi, réveille-toi !

- Je suis... réveillé. Laisse... moi res...pirer.

La jeune muse sauta délicatement sur le sol, libérant son frère de son petit poids plume.

- Vite, lève-toi ! le dépêcha-t-elle en le tirant par le bras.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquièta le petit garçon en frottant ses yeux fatigués.

- C'est Halloween, il faut se préparer, allez !

Elle tira de plus belle sur le bras de Calliste, qui malgré ses faibles muscles, tint bon. Surprise, sa petite sœur lâcha prise et s'effondra face contre terre.

- Thalye, ça va ? s'alarma-t-il en se précipitant à ses côtés.

La tête toujours tournée vers le sol, un rire de satisfaction se faufila entre les lattes du parquet et s'éleva dans la chambre marron.

- J'ai réussi, tu es levé maintenant !

D'un bond, elle se retrouva devant le miroir, s'observant tout en faisant des grimaces. Elle s'entraînait pour Halloween, aujourd'hui, c'est elle qui ferait le plus peur !

- Thalye, Halloween c'est ce soir. Pas la peine de venir me réveiller à huit heures du matin...

- En fait c'était qu'une excuse, je m'ennuyais et je voulais jouer... Dépêche-toi de t'habiller, je t'attends en bas !

Elle quitta la chambre en sautillant, laissant Calliste encore sonné planté au milieu de la pièce.

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En bas, Clio se changeait les idées grâce au Sim-fu [oui, parfaitement, le Sim-fu, j'suis sûre que ça existe]. Cela faisait plus d'un mois qu'elle planchait sur son nouveau roman, ne faisant que très rarement d'autres activités. L'envie lui prit alors, en ce matin d'Halloween, de reprendre les arts martiaux qu'elle avait appris des années auparavant en Chine, obtenant ainsi la ceinture bleue.

Aujourd'hui, il était évident qu'elle ne méritait plus un tel niveau, mais avec de l'entraînement et de la volonté, elle était sûre de pouvoir obtenir la ceinture supérieure.

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Pendant ce temps-là, les deux enfants discutaient plus ou moins tranquillement assis au fond du jardin.

- Mais qu'est-ce qu'on va faire jusqu'à ce soir ? se lamentait Thalye, beaucoup trop impatiente.

- Je sais pas...Qu'est-ce qu'on fait d'habitude ?

- On mange ! s'écria-t-elle en levant les bras. Viens, on va faire des granités !

Elle bondit de son œuf, agrippa le bras de son frère et s'élança en courant le plus vite qu'elle put jusqu'à la machine à granités.

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- Et voilà ! Bleue, comme ma couleur préférée !

- Tu détestes la framboise, fit-il remarquer.

- T'as raison... Alors mange-le ! conclut-elle en tendant le granité à Calliste qui recula en un sursaut, surpris.

- Mais je n'ai pas faim ! protesta-t-il.

- Tu ne gâcherais pas de la nourriture, quand même ?

Elle lui offrit son sourire le plus innocent, celui auquel personne ne pouvait ne serait-ce penser à résister. Vaincu, il s'empara du granité tandis que Thalye en préparait un nouveau, tout en se lamentant sur le fait que celui-là ne s'accordait pas avec ses vêtements.

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Après avoir englouti en une bouchée son granité, la petite muse se précipita avec son frère vers le stand de pâtisseries qui n'avait jamais été utilisé. Aujourd'hui, il servirait, parole de Thalye !

- Pourquoi tu t'en aies jamais servi ?

- Je... je peux pas... Il faut parler avec des gens, ça me fait trop peur, expliqua-t-il un peu honteux.

- Tss, faut pas avoir peur ! Allez, aujourd'hui on ouvre ! Va chercher ta cuisinière ! ordonna l'enfant.

- Mais...

- Pas de mais, ce serait égoïste de ne pas partager tes pâtisseries simplement parce que tu es timide ! Je m'occupe de la caisse !

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Une heure plus tard, déjà les pâtisseries s'accumulaient sur le petit stand. L'odeur alléchante n'avait pas encore attiré de clients curieux, mais chatouillait en revanche les narines de Thalye, qui supportait de moins en moins de se trouver immobile devant ces gâteaux qui lui faisaient de l'œil. Du coin de l'œil, elle s'assura que son grand frère était suffisamment occupé par la cuisson des muffins et furtivement, passa son doigt dans le coulis de chocolat.

- Thalye, tu dois pas manger les pâtisseries.

- Mais comment t'as su ? s'écria-t-elle en enfournant son doigt chocolaté dans sa bouche.

- Je te connais, je te surveille depuis le début, tu sais.

Nullement vexée, elle se contenta de lui tirer puérilement la langue, avant de s'emparer d'un brownie et de l'avaler devant ses yeux.

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- Alors les enfants, comment marche votre stand ? demanda Clio qui avait pris le temps de faire une pause dans son livre pour prendre des nouvelles de ses enfants et de leur stand de pâtisseries.

- Il rampe... se désola Thalye. On a vendu que trois muffins en tout.

- Peut-être que l'emplacement de votre stand n'est pas le mieux, on est plutôt loin de la ville et des gens ici.

Face à la mine défaite de la petite muse, Clio fouilla dans la poche arrière de son pantalon et en sortit un billet de cinq simflouzes, qu'elle donna à sa fille.

- Je prendrais deux brownies, s'il-te-plaît.

Un sourire illumina le visage de Thalye qui entra avec enthousiasme dans le rôle de la vendeuse.

- Que diriez-vous d'aller jouer maintenant ? Vous avez assez vendu pour aujourd'hui, non ? suggéra la mère.

- Ouaiiiii !

La fillette goba un brownie, prit deux muffins et un cookie en réserve et s'élança vers le terrain de jeu, laissant à Calliste l'immense chance de devoir nettoyer derrière elle.

- Va jouer, je m'en occupe, dit Clio.

Il accorda un sourire de remerciement à sa mère, avant de suivre sa petite sœur.

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Le ciel se rapprocha. Tremblotante, la fillette lâcha alors la chaîne de la balançoire et de ses doigts, tenta de toucher les nuages qui lui paraissaient si près. Tandis que la balançoire entamait son chemin retour, elle balança sa tête en arrière et admira en riant à gorge déployée sa chevelure blonde balayer les feuilles teintées de rouge qui jonchaient le sol.

La balançoire était de loin son activité préférée. Elle adorait cette sensation lorsque la balançoire atteignait presque le ciel, c'était comme voler ! Elle enviait les oiseaux qui passaient au dessus d'elle, elle aussi aimerait voler, ça devait être si amusant ! Et on pourrait faire tellement de farces avec un tel don !

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Enfin, le soleil commença sa longue descente vers la mer. Les deux enfants revêtirent alors leurs costumes - Thalye plus difficilement que son frère puisque trop excitée à l'idée de fêter à Halloween - et la jeune muse s'entraînait déjà à faire peur.

- Alors ? Tu as eu peur ? Hein ? Avoue ! Allez, dis-le ! T'as eu peur !

- Je sais pas... Tu es sûre qu'un costume lapin fait vraiment peur ?

- Bien sûr ! Parce que c'est un lapin démoniaque ! Bwaaah !

Calliste cligna des yeux.

- Non, j'ai toujours pas peur...

- T'es pas drôle ! s'indigna-t-elle. Je vais faire peur à quelqu'un d'autre, monsieur-qui-a-pas-peur !

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Thalye se faufila à pas de loup dans l'immense maison à la recherche d'une proie. Elle verrouilla sa cible sur la déesse déchue qui lisait tranquillement un livre sur le canapé du salon. Elle était tellement concentrée qu'elle ne fit pas attention à la fillette qui se glissa à ses côtés et qui soudainement cria.

- Thalye ! hurla Hestia en sursautant.

Le choix de l'enfant n'allait certes pas améliorer la relation qu'elle entretenait avec la déesse rouge, mais cela lui importait peu. S'amuser était beaucoup plus important pour le moment, elle s'inquièterait de ce que pensait les autres d'elle plus tard.

- Thalye, file ! Je ne t'ai rien demandé, pourrais-tu s'il-te-plaît me laisser tranquille ? tonna Hestia en essayant de rester polie.

Thalye rit, elle avait réussi son coup, et ainsi prouvé à son frère que son costume de lapin démoniaque pouvait faire peur ! La réaction d'Hestia était plutôt décevante, pourquoi ne riait-elle jamais, mais la petite muse ne s'en étonnait plus vraiment. Le don qu'elle avait de faire rire ne semblait pas s'appliquer à la déesse déchue. C'était donc son plus grand défi : faire rire Hestia.

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D'un autre côté, Clio, elle, était la première à rire. Elle avait énormément de mal à garder son sérieux devant l'enfant.

- Regarde maman, je suis un lapin démoniaque ! T'as peur, hein ?

- Oh oui, mon dieu, je suis effrayée !

- Nan, tu l'es pas ! remarqua Thalye simplement.

- Il faut que je crie, c'est ça ?

- Ouiii ! s'enthousiasma la petite muse de la comédie.

Se prêtant au jeu, sa mère s'écria alors, arrachant un rire de satisfaction à sa fille.

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Après avoir fait peur à toute la maison, Thalye se décida enfin à partir à la chasse aux bonbons à travers le quartier. Arrivés devant la première maison dont les citrouilles étaient allumées, elle s'arrêta sur le perron.

- Tu vas pas sonner ? demanda Calliste, étonné.

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est toi qui va y aller ! répondit-elle.

Elle recula, laissant son frère seul devant la porte. Mais, paralysé, il ne bougea pas d'un pouce.

- Allez ! Tu avances, tu sonnes et tu demandes des bonbons !

- Je peux pas... déclara-t-il d'une voix tremblante. J'ai trop peur, j'ai mal au ventre Thalye...

Son estomac était tellement noué qu'il avait envie de se rouler par terre pour atténuer la douleur, son cœur battait à tout rompre, ses jambes tremblaient et ses paumes étaient moites. Jamais encore il n'avait été dans un tel état de stress.

- Mais si tu peux ! Je crois en toi !

Nullement agacée, Thalye croyait fermement que son frère en était capable. Mais il restait tétaniser, incapable de s'avancer vers la porte.

- Allez... Allez ! scandait sa sœur à mi-voix, comme un encouragement.

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Plusieurs minutes s'écoulèrent et le jeune garçon ne changeait pas d'avis. N'y tenant plus, Thalye finit par trottiner vers la porte pour demander ses bonbons qu'elle voulait tant.

- Des bonbons ou un sort ! hurla-t-elle pleine d'enthousiasme.

- Ow, qu'elle est mignonne, un petit lapin !

- Un lapin démoniaque ! répéta Thalye pour la énième fois de la journée.

Hum... Quelque chose n'allait pas dans son déguisement, tout le monde pensait qu'elle n'était qu'un lapin mignon. C'était certes parce que les gens la trouvait jolie, mais aujourd'hui, elle était démoniaque !

- Voilà pour toi, et pour le petit soldat que je vois caché derrière le buisson, ajouta la voisine qui avait aperçu du coin de l'œil un Calliste apeuré essayant de se cacher.

- C'est mon grand frère ! annonça Thalye tout fière. J'essaye de lui apprendre à plus être timide, mais c'est pas facile ! Merci pour les bonbons !

Puis elle s'éloigna en bondissant, tel le lapin démoniaque qu'elle était ce soir-là.

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Elle retrouva alors Calliste derrière son buisson, le sourire aux lèvres.

- Tu vois, je suis pas morte !

Le problème, c'était que le jeune garçon ne comprenait pas comment sa sœur pouvait être aussi assurée avec les autres. Il ne comprenait pas comment elle pouvait leur parler sans crainte.

Mais le plus gros problème de Calliste était qu'il ne comprenait pas sa propre timidité. Il n'avait pas spécialement peur de la réaction des gens, ou de ce qu'ils pensaient de lui. Il avait simplement peur des gens, sans aucune raison logique. Et même s'il voulait changer, il n'y parvenait pas. Il avait beau se dire n'importe quoi, qu'il n'allait pas en mourir, il n'arrivait pas à aller vers les autres.

- J'ai tes bonbons aussi ! Mais si tu les veux, il faudra que tu sonnes à la prochaine porte !

- Alors je n'en veux pas, se résigna-t-il.

- Si, tu les veux ! Je ferai tout pour que tu surmontes ta timidité, compte sur moi !

Connaissant sa sœur, Calliste avait du souci à se faire. Car elle n'abandonnerait jamais.


Encore un mois entre deux màjs, je suis désolée, mais ce coup-ci, je suis rentrée d'Angleterre, alors j'ai préféré profiter de chez moi plutôt que d'allumer l'ordi :3

Sinon, ne sont-ils pas mimis les petits ? Croyez-le ou non, mais j'étais tout aussi timide que Calliste y'a deux ans de ça x)

Bref, on s'en fout, amour sur vous mes bouquetins.