Bonjouuuur c'est moi la meuf qui dit qu'elle poste des bonus le premier mercredi du mois et qui le fait toujours en retard.

Ce mois-ci, bonus un peu nimp, rien de sérieux, on voulait juste s'amuser avec Neikka, du coup on a écrit (enfin, elle, moi je la regardais faire parce qu'elle avait pas besoin de moi pour écrire cette merveille) un bonus post G6

Enjoy !!


La pluie tambourinait sur les fenêtres. Des gouttes perlaient le long des vitres. Polymnie tapotait nerveusement le bout du bureau tandis que Luana tapait si vite sur son clavier que le bruit se confondait avec celui de la pluie.

Et puis, silence. Pas de chant de la montagne. Mais peut-être était-ce parce qu’elles étaient en centre-ville.

Polymnie sursauta. Elle était un peu fragile.

— J’ai trouvé ! dit Luana. Enfin, en tout cas, j’ai trouvé Patrick Cruel.

— Mais c’est son pote, non ?

— Oui, mais il doit avoir gardé contact avec lui ! Enfin, j’espère. Par contre, il a l’air de vendre des champignons hallucinogènes. Il devrait mieux se protéger pour un gars du deep web.

Cela faisait quelques mois, après la réception de la lettre d’Euterpe, que Polymnie se demandait qui était son gros bâtard de père. Après tout, de là à dégoûter entièrement sa mère de sa fille alors qu’elle était aussi belle et cool, il devait vraiment être une très mauvaise personne. Ou en tout cas, un homme. Et elle avait besoin de le rencontrer pour mieux le détester, et tourner la page.

— On peut lui en prendre. Et le rencontrer, au passage.

— Ouais, nan. On peut le rencontrer, c’est déjà bien.

— Mais les champignons c’est super swag.

 

Et c’est ainsi que Pol n’eut pas de champignon, mais un rendez-vous avec Patrick Cruel, qui n’avait pas l’air particulièrement cruel et qui devrait définitivement mieux protéger son identité sur le deep web.

Elle attendait sur son banc, priant pour qu’il ramène tout de même des champignons (après tout, pour faire marcher un commerce, il faut bien le promouvoir) et attendit bien une heure comme ça. C’est que Pol avait oublié le changement d’heure. Enfin. Patrick arriva. Il était reconnaissable à sa grande cicatrice, surement causée par un champignon vorace. Ah non, merde, c’était un piercing. Il avait un grand sourire mièvre, tel un membre de boys band.

— Salut louloute ! C’est toi Pol43du34 ?

— Je ne suis pas louloute, mais je suis peut-être Pol43 truc.

— Trop bien. Tu veux mes champignons ?

Pol leva les yeux au ciel. Il était insupportable, elle avait envie de le frapper.

— Je veux bien, mais j’aurais des questions d’abord.

Elle lui indiqua de s’asseoir, mais à l’autre bout du banc, car elle ne voulait pas qu’il nuise à son charisme incroyable.

— Quelles sont tes questions ?

— Déjà : comment les as-tu cultivé tes champignons ?

— Euh, alors, je peux te filer ma super recette et…

— Non mais laisse tomber.

Elle songea qu’elle pourrait sans doute les développer à partir de ceux qu’il lui vendrait.

— Alors quoi ?

— Tu connais Hector Gaurinn ?

— Oh ! Ses yeux s’éclairèrent, puis s’assombrirent.

— Oui. Oui, je le connais.

— Il est où ?

— Pardon, j’aurais du dire « je le connaissais ». Il est mort.

Pol ne savait trop comment se sentir. Elle n’avait jamais connu cet homme, et tout ce qu’elle en savait, c’était qu’il était détestable. Mais c’était son père, et elle pensait le connaitre, et elle était face à l’un de ses amis. Alors, elle ne savait vraiment pas comment se sentir. En plus, elle avait des coups de soleil à cause de son heure d’attente en plein soleil.

— Comment c’est arrivé ?

Patrick baissa les yeux, avant de les relever tout en posant une main amicale sur son épaule. Pol grimaça, mais le laissa faire.

— C’était par une sombre soirée, par delà les montagnes, dans cette terrible ville qu’est Grosbatard-sur-mer. Il y a habité. Il s’y sentait à sa place. Mais voilà. Parfois, les drames arrivent quand on s’y attend le moins. Il était heureux, tu sais. Mais…Ce jour-ci…Tout a basculé. Et je vais te raconter comment, mais comprends que c’est dur…

Il marqua une pause, et Pol se sentit gênée. Elle connaissait des gens à Grosbatard-sur-mer. Elle ne les aimait pas beaucoup. Il reprit, après sa pause, et en grignotant un champignon :

— Il avait faim.

Pol fronça les sourcils.

— Mais quel est le rapport ? Il a braqué une banque ?

— Non, non ! Il n’aurait jamais fait ça, il était banquier lui-même. Non, en réalité…

Il marqua une pause, à nouveau. C’est à cet instant que Pol remarqua qu’il sanglotait.

— Il a brusqué le distributeur. Le distributeur…

Pol se demanda si le distributeur était hanté ou occupé par un serial killer.

— Le distributeur…a basculé, à l’image de son destin. Il s’est écroulé…Sur lui. Hector est mort...sur le coup.

Pol haussa les sourcils.

— Ah.