- Attends, t’as fait quoi ?! s’étrangla Gustave à l’annonce.

Léane, elle, gloussa légèrement en se recalant dans le canapé. Ce que venait de leur dire Ellie n’était pas étonnant, la photographe se demandait justement quand ça arriverait. Gustave était toujours trop naïf, de toute façon.

- T’as parfaitement entendu, Gus, elle a quitté Simon, répondait-elle à la place d’Ellie, pour le simple plaisir de revoir sa réaction.

- Mais pourquoi t’as fait ça ?

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La jeune rousse rit nerveusement tout en se grattant l’arrière de la tête. La décision lui était venue dans le train qui la menait à Bearwell après son week-end d’anniversaire écourté de force. La principale raison de cet écourtement avait bien évidemment été Oscar, qui, le lendemain de la soirée, quand il revit Ellie, n’avait pu s’empêcher de faire des remarques désobligeantes dont lui seul avait le secret. Il l’avait dénigrée sans modération, la traitant de tous les noms, lui hurlant qu’elle ne servait à rien hormis gâcher les vies des autres et celle de Simon particulièrement. Qu’elle devrait boire et fumer pour se détendre, et apprendre l’humour. La dispute avait été terriblement violente et quand Simon rentra de la ville où il était allé acheter du pain, Ellie faisait sa valise.

- Ellie ? Qu’est-ce que tu fais ? lui avait-il demandé, confus.

- Je me casse. J’aurais pas dû venir ici, je suis pas la bienvenue, avait-elle craché, furieuse contre Oscar, furieuse contre Simon lui-même.

- C’est ça, casse toi ! avait hurlé son ennemi depuis sa chambre.

Ellie avait attendu une réaction de son petit-ami, qu’il prenne sa défense, ordonne à son meilleur ami de cesser de l’insulter, mais rien ne s’était produit. Il était resté planté là, à l’observer, totalement hagard. Il n’avait même pas essayé de la retenir. Il était resté amorphe, incapable de réagir, incapable de la supplier, incapable d’être lui. La seule chose qu’il avait fait fut de lâcher un petit cri plaintif, lui demandant pourquoi elle faisait ça. Et ça l’avait encore plus énervée. Elle aurait préférée qu’il ne réagisse pas, tout compte fait.

- Tu veux savoir pourquoi ? Parce que je suis pas là pour me faire insulter, tu comprends ? Éduque un peu ton pote débile, et dis-lui d’apprendre le respect, au lieu de le laisser faire ! avait-elle explosé en fermant violemment sa valise, avant de prendre la direction de la sortie.

- Ellie, attends, non, on peut en parler, Ellie, s’il-te-plaît !

Des plaintes, des plaintes, encore des plaintes, mais pas de véritable réaction. Il aurait pu se jeter devant elle, la retenir de force, agir, mais il craignait de la heurter, il craignait sa réaction, il la craignait, tout simplement.

Elle avait claqué la porte sur lui. Elle avait attendu quelques secondes, dans l’espoir de le voir la rouvrir, la poursuivre, mais rien. Le Simon qui se trouvait dans cet appartement, dans cette ville, n’était plus celui qu’elle avait connu. Elle était partie, la mine basse.

Dans le train, tout lui avait semblé devenir évident. Elle avait su parfaitement où elle en était. Elle était dans une impasse. La distance avait tout changé dans leur couple, c’était une évidence même. L’université et vivre en ville avait changé Simon.

Puis elle avait repensé à ce que lui avait dit Léane, à la soirée nocturne des riders. À propos de son avenir. Simon, lui, ne retournerait jamais à Bearwell, ni même dans les montagnes, c’était sûr. Il aimait la ville, et il voulait y travailler, trouver un travail dans une grande entreprise. Ellie aurait forcément dû faire un choix, arrivée à la fin de l’année. Vivre avec Simon en ville, ou rester dans les montagnes.

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- T’es sérieuse ? s’étrangla à nouveau Gustave quand elle expliqua ça. T’as choisi les montagnes plutôt que Simon ?

- Et elle a eu carrément raison ! la soutint Léane.

Le garçon lança un regard choqué vers la jeune femme qui, indifférente, s’empara de son verre et le descendit d’une traite.

- Arrête de faire le naïf Gus, elle allait pas sacrifier les montagnes, l’endroit qu’elle aime plus que tout autre au monde pour une relation qui battait de l’aile et qui allait forcément finir par une rupture.

- Ils auraient pu rester ensemble pour toujours, s’offusqua Gustave.

- Gus, arrête, c’est hyper chiant quand t’es fleur bleue comme ça, les couples, ça dure jamais.

- C’est pas parce que t’arrives pas à rester plus de deux mois avec un mec que ça arrive à tout le monde, je te signale !

- J’ai pas dit le contraire, mais vu comment ça tournait entre Ellie et Simon, crois-moi, même un aveugle aurait pu voir qu’ils allaient droit dans le mur.

- Les gars, je suis là, vous savez, rappela Ellie d’une petite voix.

Quand Léane commençait à hausser le ton avec l’un de ses amis, ou une autre personne, qui qu'elle fût, elle avait tendance à oublier tout le reste pour se focaliser sur, et seulement sur, l’objet de sa dispute, se concentrant au maximum pour toujours avoir les meilleurs arguments et par conséquent le dernier mot.

- Enfin bref, Ellie, sache que tu as tout mon soutien ! conclut la jeune photographe en se recalant dans son fauteuil. Je veux dire, vous étiez bien mignons les deux, hein, et j’avais ma petite fierté parce que c’était un peu grâce à moi, mais c’était évident que ça finirait rapidement, je l’avais bien remarqué.

Ellie sourit, mais dans le fond, cela l’attristait un peu. Même Léane l’avait remarqué avant elle. Elle aurait presque pu lui reprocher de ne lui avoir rien dit, mais elle n’était pas en tort. Personne n’avait envie d’entendre de la part d’un de ses amis que son couple n’allait pas. Ça n’aurait fait que créer des problèmes et des conflits inutiles. Tout ce qu’Ellie exécrait.

 

C’était un mois de novembre affreusement glacial, succédant à un mois d’octobre pourtant doux. Personne n’aurait pu prédire qu’une telle vague de froid puisse se déferler aussi vite, et pourtant… La neige recouvrait déjà tout de son manteau blanc et continuait de tomber inlassablement et Ellie attendait là, frigorifiée, dans la nuit. 

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La jeune fille tremblait violemment, ses genoux se rencontraient régulièrement, claquaient l’un contre l’autre, de la même façon que ses dents qui faisaient un bruit à la rendre folle. Que faisaient les autres ? Où étaient Léane, Nathan, et Simon ? Le rendez-vous avait été fixé à vingt heures devant l’office du tourisme, et elle avait vérifié sa montre des centaines de fois, ainsi que le lieu pour elle se trouvait, elle ne s’était pas trompée. Alors que faisaient-ils, tous ? S’ils continuaient, ils allaient rater la séance de cinéma.

- Salut !

Elle sursauta en poussant un cri de surprise, avant de reconnaître la personne qui lui faisait face. Simon. C’était un ami de Léane, il était dans la même classe qu’elle cette année et d’après ce qu’elle savait, il faisait du hockey avec Nathan. Elle l’avait déjà vu plusieurs fois, et elle devait l’admettre, il était vraiment beau, avec ses cheveux bruns frisés qui lui retombaient nonchalamment sur le front, ses grands yeux bleu-vert éclairés d’une lueur maligne et son sourire étiré en un sourire charmeur.

- Les autres sont pas là ? remarqua-t-il.

- Non.

Ils attendirent une quinzaine de minutes, frigorifiés, essayant de parler vivement pour combattre le froid, en vain. Puis, à dix minutes de la séance de cinéma, il semblait clair que personne d’autre ne viendrait.

- Bon, il semblerait qu’ils nous aient lâchés… conclut Simon en soupirant.

- On va quand même au ciné sans eux ? proposa Ellie.

Elle ne connaissait pas plus le jeune homme qui lui faisait face, mais il était un ami de Léane, et c’était une bonne occasion de faire connaissance, finalement.

Il accepta. Ellie apprit seulement après plusieurs mois de relation avec lui que le lapin posé par Léane et Nathan avait été parfaitement prévu. Simon avait toujours eu un faible pour Ellie, sans jamais oser lui dire, ni l’aborder, alors il avait demandé son aide à Léane, une amie commune. Le plan avait marché, car les deux jeunes gens s’étaient rapprochés ce jour-là, et avaient commencé à se fréquenter régulièrement.

Et maintenant, tout était fini. Tout ça n’était plus qu’un souvenir désormais.


Sorry not sorry, Ellie et Simon, c'était pas fait pour durer :')

J'ai décidé de ce que je ferai comme bonus du chapitre 100 ! L'idée de la FAQ est beaucoup revenue, donc c'est ce qu'on fera ! Je vous propose donc, dans les commentaires de ce chapitre et du prochain, de poser vos questions, qui pourront être adressées à des persos de la G5, mais aussi à des persos qu'on ne voit plus, ou même qui sont morts, hein, il n'est jamais trop tard pour en apprendre plus sur eux (et comme ça, je fais d'une pierre deux coups, ça fera une sorte de "que sont-ils devenus ?" c: ). Elles pourront aussi m'être adressées, si jamais vous voulez en savoir plus sur comment je fais mes chapitres (même si c'est assez osef, j'ai une fréquence de taf assez yolo).

Par contre, je vous vois venir, pas de questions sur l'intrigue, du genre "elle est où Erato ?" (je vous vois venir, je vous dis), parce que de un, je n'y répondrai pas, et de deux, ça sert à rien, les réponses à ces questions arriveront dans la suite de l'histoire.

Quelques autres annonces sinon :

- J'ai enfin majé le déséquilibre, et c'est par ici : http://maeleo39.wixsite.com/ledesequilibre/d-chapitre-6

- Une nouvelle nouvelle est disponible ici et ici, et je tenais à l'annoncer car c'est l'un de mes textes préférés, je n'ai jamais été aussi fière d'un de mes textes :')

- J'ai une page facebook, depuis peu, pour que même les gens qui ne m'ont pas en amie puisse être prévenus : https://www.facebook.com/mawecrit/

Tschüüüüss