Screenshot-4

Le début d’année commençait avec une épaisse couche de neige. Il avait neigé toute la nuit, des flocons énormes qui s’étaient déposés sur la moindre surface présentée à eux. Une telle chute de neige n’avait pas été vue depuis des années, même la première tempête en novembre avait été calme comparée à celle-ci, et ce n’était pas pour déplaire au plus jeune de la famille.

Tout le monde dormait encore à cette heure-là, encore trop fatigués du réveillon de la veille, ou en train de décuver, comme Dan, qui s’était un peu lâché sur la boisson. Même Hestia ne s’était pas encore réveillée et pourtant la déesse déchue n’avait pas besoin de beaucoup de sommeil pour tenir, à son grand dam. Dormir faisait passer le temps, et elle n’y avait même pas droit.

Silencieusement, Icare traversa la maison, suivi de son compagnon de toujours, qui battait gaiement la queue, manquant de renverser un vase sur son passage par ailleurs.

Après leur petit-déjeuner, constitué sobrement de céréales pour l’un et de croquettes pour l’autre, ils se retrouvèrent soudainement à l’extérieur, sans autre défense face au froid qu’un manteau et une fourrure et en ce premier jour de l’année, le froid était mordant. Ils prirent la direction du petit bois qui s’étendait près des plaines, dans l’espoir d’observer la nature endormie.

 

Il courait, courait pour sa vie. L’animal qui le pourchassait était énorme, effrayant, avec des crocs trop longs pour ses babines, et il courait vite, presque plus vite que lui. Il bondit par-dessus une branche recouverte de neige qu’il avait failli ne pas voir, mais le prédateur la vit aussi et la chasse reprit alors. Il slalomait, le cœur battant à tout rompre. Il pouvait le sentir tambouriner sous son manteau de fourrure.

Les arbres se suivaient, semblables, il ne retrouvait plus son chemin et il n’avait pas le temps d’y réfléchir, son but premier était de fuir, fuir, fuir pour survivre, car l’animal qui le poursuivait avait son propre but : le dévorer. À certains endroits, les arbres étaient si rapprochés qu’il pensa que celui qui le pourchassait ne pourrait passer à travers, mais malheureusement, il parvenait toujours à trouver un chemin. Une fois, après être passé dans un endroit si étroit qu’il l’avait semé, il ne l’entendit plus, ne sentait plus son pas lourd derrière lui et pensa que la chasse était finie, mais le prédateur avait un bon flair, et quelques mètres plus tard, il l’avait retrouvé et la proie qu’il était avait de nouveau détalé.

- Dog, reviens ici, laisse ce lapin tranquille ! hurla la voix d’un adolescent qui n’arrivait pas à suivre son chien dans sa course folle contre un lapin.

Screenshot-5

À contrecœur, l’animal s’était arrêté, laissant la proie qu’il chassait par simple amusement s’enfuir, totalement paniquée. Cette fois-ci son prédateur ne la retrouva jamais et le lapin pourchassé put enfin rentrer dans sa tanière, épuisé d’avoir fui ce terrible animal qu’était à ses yeux Dog.

Trottinant, Dog revint vers son maître, la queue battant l’air, signe apparent de sa joie.

- Pauvre lapin, il a dû avoir la peur de sa vie à cause de toi ! gronda-t-il, mais Dog, ne comprenant pas un seul mot, s’en réjouit plus encore. Bref, regarde ce que j’ai trouvé !

Le jeune garçon présenta à son chien la plume d’un oiseau qu’il avait trouvé au pied d’un arbre peu avant. Il n’y avait pas grand intérêt dans cette plume, un oiseau d’hiver l’avait sûrement perdu en survolant l’endroit, mais Icare aimait s’enthousiasmer de tout ce qu’il trouvait qui attestait de la présence d’animaux. Surtout l’hiver, où les animaux restaient cachés et que la nature était ennuyante.

Dog aboya, comme pour le féliciter de sa trouvaille, que l’adolescent rangea dans la sacoche qui ne le quittait jamais et qui regorgeait de petits trésors qu’il trouvait au fil de ses escapades. Il y avait des cailloux de formes étranges, des pierres semi-précieuses, des petits os d’animaux, il avait même trouvé un jour un petit nautile gravé dans la pierre.

Alors que le soleil montait péniblement vers son zénith, caché par des nuages lourds de neige, des flocons éparses se mirent à tourbillonner paisiblement vers le sol, beaucoup furent attrapés par les longues branches des conifères qui s’enveloppèrent alors d’une nouvelle couche de blanc, tandis que les autres venaient se confondre à ceux déjà tombés la veille, mais ils étaient si peu nombreux qu’ils ne faisaient aucune différence.

Certains autres atterrirent sur la langue de Dog, qui frissonna à leur contact glacé, mais cela ne l’arrêta nullement, et il continuait, aboyant, joueur, à essayer d’attraper ces étranges points blancs qui tombaient parfois du ciel.

Screenshot-8

Ce fut un amas de neige qui l’arrêta, quand il le prit violemment en pleine tempe. À sa droite, son maître était en train de rire à s’en décrocher la mâchoire, alors par vengeance, le chien se jeta sur lui et le roula dans la neige. Mais loin de vouloir se laisser dominer, Icare se releva tant bien que mal contre son compagnon à quatre pattes et l’attaqua à son tour et les deux dérangèrent la neige jusqu’alors immaculée.

Quand ils se calmèrent enfin, ils étaient trempés, grelottants, mais fiers de leur bataille. Icare décida tout de même de rentrer, même si la journée était loin d’être finie. S’ils restaient ainsi là, ils gèleraient et attraperaient la mort. Et puis, c’était bientôt l’heure du déjeuner et Erato n’aimait pas quand il manquait un repas parce qu’il vadrouillait à l’extérieur.

Marcher dans des chaussures trempées était assez pénible, il pouvait sentir ses pieds se refroidirent à chaque pas et il ne rêvait désormais que d’un bon bain chaud. Mais Dog en avait décidé autrement, et alors que l’adolescent continuait de marcher, il s’éloigna du sentier qu’ils suivaient pour se rapprocher d’un buisson devenu totalement blanc après la tempête de neige, tous les sens aux aguets.

- Dog ?

Icare remarqua l’absence de son chien quelques mètres plus tard et quand il l’aperçut se rapprocher de ce buisson, reniflant, prudent, il alla à sa rencontre pour voir ce que l’animal avait trouvé là.

- Qu’est-ce qu’il y’a, Dog, qu’est-ce que tu sens ?

Il ne grondait pas, ce qui était plutôt bon signe, cela signifiait que ce qui se cachait dans ce buisson était sans danger. Le jeune garçon prit alors la relève, laissant Dog totalement figé, le museau en avant. Il s’accroupit, espérant voir ce qui se trouvait là, et ce fut une petite boule de poils aussi blanche que la neige qu’il découvrit et si elle n’avait pas autant tremblé, frigorifiée, jamais il n’aurait pu la distinguer de la neige, en vérité. Délicatement, il s’empara du petit animal, qui se révéla être un chaton transi de froid.

- Hé, comment t’es arrivé là, toi ?

Screenshot-10

Pour seule réponse, le bébé chat frissonna violemment, et Icare ouvrit sa veste pour l’y abriter du froid le temps qu’il atteigne la maison. Pelotonné contre sa poitrine, les frissons du petit animal diminuèrent, mais sa respiration restait toujours faible et inquiétante. Icare hâta alors le pas. Il n’avait aucune idée à qui pouvait bien appartenir ce chaton, peut-être que sa mère l’avait abandonnée ou était morte, ou ses propriétaires ne pouvaient le garder et l’avait abandonné à son sort. Mais l’adolescent aimait beaucoup trop les animaux pour le laisser dans cet état, et s’il le fallait, il adopterait cet animal. Il n’avait absolument aucune idée de comment réagirait sa sœur aînée s’il venait à le garder, mais qu’importait. Il saurait trouver les arguments pour la convaincre, il avait beaucoup appris de Dan en grandissant, il savait choisir les bons mots pour avoir l’accord de sa sœur.

Dog regardait avec curiosité la bosse que formait le chaton dans la veste d’Icare. Il ne savait pas vraiment s’il voulait qu’il reste ou non. Peut-être serait-il jaloux si ce nouvel arrivant accaparait son maître. Mais un peu de compagnie pour ses vieux jours de chien ne lui ferait peut-être pas de mal. Dog aimait les autres animaux.

La maison se détacha enfin de l’horizon et Icare murmura au chaton de tenir bon. Ses yeux étaient clos, sûrement de fatigue, mais il entendait toujours sa respiration. Il aurait voulu courir pour arriver plus vite à l’intérieur, mais il avait bien trop peur de secouer le petit animal déjà bien fragile.

Quand enfin il atteignit la maison, il se rua dans sa chambre, sans croiser personne dans la maison, mais il n’en soucia pas. Sa priorité était de réchauffer le chaton. Il prit une serviette de bain dans son armoire et frictionna les poils blancs de l’animal, pour enlever le maximum de neige fondue qui s’était infiltrée jusqu’à sa peau, puis il le plaça dans une couverture chaude, sous le radiateur qui fonctionnait déjà. La nuit avait été particulièrement froide et le chauffage avait été allumé toute la nuit. 

Il veilla sur lui pendant plusieurs minutes pour être sûr qu’il allait mieux. Ses yeux ne s’étaient toujours pas ouverts, mais son ventre se gonflait et se dégonflait au rythme de sa respiration, et il ne frissonnait plus. Il semblait lentement se remettre de sa mésaventure dans la neige.

Rassuré, Icare partit alors à la recherche de sa sœur, pour lui expliquer la situation. Et il se soucia alors du fait de ne croiser personne. L’heure du déjeuner approchait à grands pas, il s’était attendu à au moins voir Hestia à la cuisine, mais tout était éteint, la maison était une véritable coquille vide. Erato n’était ni sur le canapé, ni dans sa chambre pour faire une sieste, Ludovic était lui aussi introuvable, tout comme Dan, qui n’était plus en train de dormir puisque sa chambre était elle aussi vide. Quant à Maïa, il avait été prévu depuis plusieurs jours qu’elle passerait le réveillon chez Louis et elle n’était de toute évidence pas encore rentrée.

- Y’a quelqu’un ? tenta alors le jeune garçon, de plus en plus inquiet.

- Ici ! lui répondit la voix d’Hestia depuis la buanderie où elle étendait du linge.

- Ils sont où, tous ? demanda-t-il en entrant dans la pièce.

Hestia s’arrêta dans sa tâche et fit face à Icare.

- Ils sont partis à l’hôpital, Erato va accoucher.


Yo les bouquetins \o/ Un petit chapitre sympathique sur Icare et son chien c:

Sinon, bon anniversaiiiire à Aziekawaii même si elle est pas à jour, voilà, keur sur toi choupie ♥

Et keur sur ma wife chez qui je squatte ♥ (enfin, je squatte ses vacances)

Sur ce, à dans deux semaines où la génération 5 sera enfin là c: