Les lendemains ont toujours une étrange aura. On repense à la veille, et on se demande pourquoi. Comment. Ce qu’il s’est passé. On se trouve ridicule. Un sourire malsain traverse nos lèvres, on se moque de nous-même. Qu’est-ce qu’on a pu être ridicule, tout de même. Se mettre dans ces états-là, pour rien. Est-ce qu’on a vraiment déchiré la page de ce livre dans une convulsion incontrôlée et inexplicable ? Est-ce qu’on ne contrôlait plus son corps au point de faire une telle chose ?

On se lève, on va voir. Là, entre les pages 116 et 119, quelque chose manque. La victime git un peu plus loin. Elle ne comprend pas. Qui déchire les livres ?

Les gens en pleine crise. Les gens qui ne savent plus ce qu’ils font. Les gens qui pleurent et qui hurlent, si fort qu’ils ne parviennent plus à respirer correctement, qui ont peur, parce que le contrôle leur échappe, qui voient leurs mains trembler, se serrer, qui cherchent à se faire mal. Alors ils s’en prennent à quelque chose d’autre. À un mur, à un livre. Les possibilités sont infinies. Et ils ont peur, peur, peur. Peur de ne jamais redevenir eux-mêmes.

Ces mêmes-gens regardent le lendemain l’ampleur de leurs dégâts. Ils ont honte. Ils sont si pathétiques, si ridicules.

Je suis ridicule. À vingt-six ans, je pleure encore comme un bébé, pour des détails. Bébé Polymnie a vu une photo de sa maman qui ne l’aime pas, bouhou. Bébé Polymnie a entendu la musique de sa maman qui l’a rejetée. Bébé Polymnie est vraiment une pleurnicharde. Bébé Polymnie est vraiment faible. Je déteste bébé Polymnie.


Chapitre ultra court et sans photos parce que je ne savais pas comment l'illustrer. Promis, le prochain chapitre est plus consistant x)